Chapitre III — Les traditions

La Poya d'Estavannens et ses sept éditions, le fanage des Chaux aujourd'hui disparu, les croix des sommets, les orgues et le carillon de l'église, la vie paroissiale : le patrimoine vivant du village.

Poya 2013 : le stand de sonnailles et de colliers de cérémonie.
Poya 2013 : le stand de sonnailles et de colliers de cérémonie.

Chapitre III · § 1

Depuis 1956, Estavannens met en scène la montée à l'alpage lors d'une fête devenue emblématique de toute la Gruyère.

Les célébrations de la « Poya d'Estavannens » eurent lieu :

  1. 1956le 6 mai1ʳᵉ édition
  2. 1960le 15 mai2ᵉ édition
  3. 1966le 15 mai3ᵉ édition
  4. 1976le 9 mai4ᵉ édition
  5. 1989les 6 et 7 mai5ᵉ édition
  6. 2000les 12, 13 et 14 mai6ᵉ édition

La fête suivante, prévue initialement pour le mois de mai 2011, a été reportée aux 9, 10, 11 et 12 mai 2013.

Edgar Schorderet, natif de Neirivue et ayant épousé une native d'Estavannens, Maguy Pharisa, est entré au comité de l'AGCC (Association gruérienne pour le costume et les coutumes) en janvier 2011. Il a accepté de prendre la direction de la 7ᵉ Poya d'Estavannens. L'AGCC a trouvé son nouveau président en la personne de Gaby Chappuis, ancien caissier de l'association, en remplacement de Raymond Gremaud, démissionnaire. Le site web de la Poya 2013 a été construit par David Moret, d'Estavannens.

Affiche de la Poya 2000, les 12, 13 et 14 mai à Estavannens.
Affiche de la Poya 2000, les 12, 13 et 14 mai à Estavannens.
Affiche officielle de la Poya 2013, Estavannens, 9-12 mai 2013.
Affiche officielle de la Poya 2013, Estavannens, 9-12 mai 2013.
Edgar Schorderet, manager de la Poya 2013.
Edgar Schorderet, manager de la Poya 2013.

Le Ranz des vaches

Interprété par le Chœur des Armaillis de la Gruyère

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Chapitre III · § 2

Texte de Patrice Borcard, historien, rédacteur en chef du journal « La Gruyère », puis préfet de la Gruyère depuis le 1ᵉʳ janvier 2012.

Publié dans le livre « La Poya d'Estavannens », Éditions gruériennes, Bulle (ISBN 2-9700233-0-X)

La Poya d'Estavannens pose un problème de vocabulaire, qui débouche sur le sens même de la manifestation. Les mots hésitent entre le profane et le sacré. Fête populaire ou liturgie pastorale ? Rencontre folklorique ou célébration nostalgique ? Foire touristique ou rite paysan ? Manifestation-musée ou cérémonie alpestre ? La Poya d'Estavannens, telle qu'elle s'est déroulée les 12, 13 et 14 mai 2000, tient de tout cela à la fois. Elle est un miroir dans lequel chacun puise le reflet qu'il souhaite recevoir. C'est probablement la raison du phénoménal succès de la sixième édition. Durant le deuxième week-end de mai, pas moins de 60 000 personnes ont sillonné les rues d'Estavannens, une participation double de la précédente fête de 1989. Longtemps régionale, la Poya est sortie de ses limites originelles grâce à une couverture médiatique peu commune. Pour la première fois, la Télévision suisse romande y avait déplacé ses caméras pour transmettre en direct la messe et le cortège du dimanche. Journaux et magazines suisses et européens avaient dépêché leurs reporters. L'écho de la Poya 2000 fut international. Mais que sont-ils venus chercher sur le pâturage du Dah ? La question réclame une réponse qui puise ses sources dans l'histoire de la fête, dans son enracinement dans la tradition pastorale, dans les exigences sociales actuelles.

La Poya d'Estavannens est aux montagnes de la Gruyère ce que la Fête des vignerons est aux vignes de Lavaux. En plus modeste, en plus artisanal. Elle en a le rythme espacé, le caractère rituel, la force identitaire ! La Poya est une invention récente, mais la puissance des valeurs et des images qu'elle met en scène lui offre un statut de tradition venue du fond des âges. L'événement puise ses racines dans la commémoration d'une chanson. En 1956, Henri Gremaud, conservateur du Musée gruérien, et le chef de chœur André Corboz désirent célébrer le septante-cinquième anniversaire de « La Poya », un chant patois qui s'est imposé dès 1881 comme un hymne régional. À la recherche du décor idyllique propre à célébrer l'événement, les deux « mainteneurs » portent leur choix sur Estavannens, village planté sur une pente de verdure, face au château de Gruyères. Un décor de carte postale, une esquisse de paradis terrestre ! C'est là, depuis 1956, que la Poya se met en scène, dans un décor d'opéra que n'auraient pas renié les romantiques italiens. La fête s'est déroulée six fois au siècle passé, selon un rythme aléatoire : en 1956, 1960, 1966, 1976, 1989 et 2000.

Mais la Poya n'aurait pas pris son essor si elle ne se nourrissait d'un des rites les plus forts de la vie pastorale locale : la montée à l'alpage. Dans cette économie fromagère qui s'est imposée dans la région dès le Moyen Âge, la transhumance du bétail vers l'alpage s'est assez rapidement transformée en rite. Au point qu'elle est à l'origine d'un art pictural qui raconte dans des formes souvent naïves la montée vers les pâturages. Un charbonnier de Vuadens, Sylvestre Pidoux, passe pour l'inventeur de ce genre qui a très peu évolué depuis les premières décennies du XIXᵉ siècle. Ces tableaux — le terme est utilisé jusqu'en 1950 pour définir le sujet — sont aujourd'hui encore accrochés aux façades des fermes, transformant ainsi la région en un vaste musée à ciel ouvert.

La poya printanière et son corollaire automnal, la désalpe ou rindya, respirent longtemps aux rythmes de la terre, obéissent au verdict des saisons. Bien que perçus comme un moment fort de la vie alpestre, ces rites sont progressivement investis de valeurs compensatoires, au fur et à mesure que s'efface la civilisation paysanne. L'apparition de la Poya d'Estavannens, célébration folklorique d'un rite ancestral, ne doit rien au hasard : les années cinquante sont marquées par les prémices de la mécanisation agricole. Les paysans entrent dans une évolution qui, un demi-siècle plus tard, n'a pas trouvé sa conclusion.

En ce week-end de mai 2000, la Poya investit Estavannens pour la sixième fois. L'événement courait dans les gazettes depuis plusieurs mois. Chaque étape de l'organisation, chaque moment de la fête avait fait l'objet de commentaires. L'âme de la manifestation avait annoncé la couleur. Raymond Gremaud, président de l'Association gruérienne pour le costume et les coutumes, qui chapeaute l'organisation, avait averti : « La Poya doit établir des ponts avec la tradition. Elle doit s'en inspirer, mais pas en être prisonnière. » L'édition 2000 a innové en ouvrant la porte à d'autres civilisations pastorales. Autour du thème « des troupeaux et des hommes », la fête a rassemblé des vaches étrangères, races souvent rares en provenance de Bretagne, d'Aubrac, du Pays basque, du Tyrol, du Piémont… Trente-quatre races au total, et autant de cultures différentes, de sonorités musicales, de traditions folkloriques. Estavannens promu laboratoire d'une Europe pastorale ! Le cortège dominical, riche d'un millier de participants, fut à l'image de la fête, coloré et pluriel. Mais s'agissait-il vraiment d'un cortège ? Durant deux heures ont défilé, à un rythme processionnel, une septantaine de tableaux échappés d'un autre temps. Les travaux des champs, la vie de l'alpage, les outils anciens, les tracteurs préhistoriques, les bêtes de la ferme : le monde paysan se tend un miroir rassurant.

Reste que le sommet de la fête fut la messe célébrée sur le pâturage du Dah. Ils étaient six ou sept mille à se rassembler en contrebas de la chapelle, pour une cérémonie présidée par l'évêque Bernard Genoud. Selon une tradition établie, l'homélie fut prononcée en patois par l'abbé Henri Murith, tandis que les Armaillis de la Gruyère interprétaient « La mécha dij'armayi » d'Oscar Moret.

Et lorsque le chœur chanta en conclusion de la célébration « La ne chin va di montanyè », personne n'eut l'impression de passer du registre sacré au profane. L'esprit de la fête pouvait ensuite se propager dans tout le village, emporté par les chœurs et les musiciens. Forte de ses 60 000 visiteurs et de son budget dépassant le million, la Poya 2000 fut celle de tous les records. Au-delà des chiffres se cachent cependant des réflexes qui en disent long sur une société à la recherche de ses repères. Car, à l'évidence, la fête d'Estavannens est chargée de contradictions. Et les paysans gruériens savent que leur Poya est la mise en scène nostalgique d'une civilisation pastorale en voie de disparition. L'événement est d'autant plus intéressant qu'il se tient au cœur des oppositions qui charpentent aujourd'hui les mentalités gruériennes. Authentique, la Poya d'Estavannens ? Bradées, les valeurs traditionnelles ? La question est vaine, car elle découle de conceptions puritaines. Toute coutume cultivée par un groupe social est authentique, dans la mesure où elle tire sa légitimité de la société qui en est à l'origine, et de ses besoins présents. La manifestation stabadine a révélé un formidable besoin de compensation. En évitant le piège de la commémoration passéiste, elle a répondu à cette recherche tapie au fond de l'âme humaine, l'inlassable quête du paradis perdu.

Lors de la Poya 2000, l'évêque du diocèse, Mgr Bernard Genoud, a célébré la messe accompagné de plusieurs prêtres ; l'homélie a été prononcée par l'abbé Henri Murith, aumônier des armaillis.

Chapitre III · § 3

À chaque Poya, le sermon de la messe est prononcé en patois gruérien. Celui de 1960 a été retrouvé et traduit intégralement.

La Poya de 1989— Le curé de Grandvillard, l'abbé Paul Chollet, a prononcé l'homélie en patois (enregistrement audio de 7 minutes 35 secondes ; une traduction française existe au format PDF).

La Poya de 1960— Sermon en patois gruérien prononcé par le doyen Armand Perrin, curé de Bulle. Le doyen Armand Perrin a prononcé l'homélie lors des Poyas 1956, 1960, 1964 à valider (le site indique « 1964 » alors que la liste des éditions mentionne 1966) et 1976. Jean Pharisa, de Bulle, a retrouvé le texte complet en patois sur une page Internet, l'a publié in extenso et en a assuré la traduction en français.

Le texte original en patois gruérienDéplier +

Sermon prononcé par le doyen Armand Perrin lors de la Poya de 1960.

Vo ti, mè j'émi,

No no retrâvin ch'ti-an din l'Intyamon, din chi galé velâdzo d'Ehavanin. No chin vinyè dè totè lè kotsè dè nouthro piti payi. Nin dè vyniè achebin d'la Grevîre d'Amon, lè Pikoji, è mimamin dè Dzenèva « La Marjolène ».

Ly-a kotyè j'an, m'avan dza dèmandâ dè pridji, è mè chovignio ke l'avi prè dou mo dè chi que rèpoujè din ha tèra k'amâvè tan, Kreju, Fernand Ruffieux, ke dejè : « Grevîre, bi payi dè nouthè j'anhyan, lé yu tè dzin prèyi, lé jé yu travayi ».

Vo vu dre ch'ti-an galyô lè mimè tsoujè, pou-t-îthire on bokon ôtramin. Ha fiha, kemin totè lè fihè intche no, keminhyè pè la mècha : è chin n'è pa ouna chinplya formalitâ. L'y a otyè dè veré, otyè dè nouthra ya.

No moujin ch'ti matin a ha mècha, i j'anhyan : a hou ke dévan no, ly-an menâ la mima ya. Ke ly-an amâ ha tèra è hou montanyè avui lou tropi è lou tsalè. Ke l'y an travayi, poyi, ke chè chon rédzolyi, ke ly-an achebin pyorâ… ke ly-an préyi… è ke douârmon ora pri dè lou mohi.

Hou j'anhian ly-an portâ le mimo bredzon, le mimo loyi, le mimo dzakilyon. L'y an kognu lè mimè mijérè et lè mimo dzoulyo.

Chin d'alanvan la demindze ou mohi por tsantâ è préyi. Le dèvèlné, mafi di travô dou dzoua, ou pèyo ou a l'othô, ti inhinblyo, chavan, a dzénâ, rémèrhyâ le bon Dju et chaluâ nouthra Dona.

Le Bon Diu : i chavan ke chin li on pou rin fére, kemin dejê chon Fe kan îrè chu la têra, chon Fe ke ly-è vinyê ou mondo din na rèthe. Ly-amåvan a betå ou pèyo, a l'othô, chu la pouorta dou pouèrtso, d'la grandze, d'l'èthråblyo… din lè tsan, lè patyi… chu lè tsemin… è tantyè-amon chu lè vani, la krê… la krê ke rapèlè a hou ke påchon ke ly-a on Bon Diu ke no j'a amå è ke no j'åmè… La krê ke no rapèlè ke no chin på fê po ch'ti mondo, ke ly-inda oun'ôtro, è ke chyiè a rin dè tru ch'athatchi, chu ha têra, a l'èrdzin è a ti lè plyêji — chovin krouhlyo — ke le mondo d'ora no balyè.

Le mondo d'ora ne vou på mé dou Bon Diu, vo le chédè prâ : din na mache dè payi pêrchèkuton lè prîthè è ti hou ke krêyon, bourlon lè kovin è lè mohyi… ne vouolon rin-mé avi a fére avui chi ke ly-è vinyè chu têra po chouvå lè j'omo… le mèprêjon… le kruchufiyon a novi… è le vudran vêre ou fin fon d'na foucha… ma, pouro lâ, i âblyon k'arouvèrè totèvi kemin ly-è dza arouvå : i rèchuchitèrè ! Na ! fo på bî din hou payi ke mèprêjon è rèfoujon le Bon Diu : lè dzin chon di 'èhlyåvo… ne pouon på mé travalyi kemin vouolon… ne pouon pagni mouchå kemin vouolon… Ly-an pèrdu tota libèrtå. No vouolin rin dè chin pè ver-no… no vouolin le Bon Diu avui no… è Nouthra Dona achebin.

Nouthra Dona : hou j'anhyan, kemin l'amåvan ! Moujådè chinplyamin a totè lè tsapalè è totè lè tsapalètè ke ly-an båti in chon-ana : Nouthra Dona di Mårtsè è Nouthra Dona dè Lèvi ke vo j'alådè tsantå ch'ti matin è du-midzoa… Nouthra Dona dè la Dâda… Nouthra Dona dou Dâ, hlyô no chin… è puthè Nouthra Dona dè Konpachyon a Bulo… Nouthra Dona d'la Vêrguena pè Vôru… è d'la på dè Tsêrmê n'inda-the ?…

No moujin, in oujin hou non è chuto Nouthra Dona di Mårtsè, a chi ke no j'an tî konyu è amå : « l'abbé Bovet ». Ly-a tan amå cha Grevîre ! Chè tsanthon : La Poya… In Tuatsô… Le vieux Chalet… Le Conto dè Grevîre… Galé Gringo… totè hou ke chon din chon lêvro… è totè hou ke ly chon på… chabrèron… pèch'ke ly-a chu tsantå l'årma dou payi… chin ke ly-a dè plye prèvon din la ya è le kâ dè nouthrè dzin… L'abbé Bovet, ly-è avui no ch'ti matin, no le chintin… ne no ja på oublyô… è no vouolin li dre ke no l'âblyin på !

Konklujyon

Vouè !… ha fîtha no le dèmandè… no moujin i j'anhyan… a chin k'îran : di dzin ke travalyîvan… ke chavan lou tigni dzohlyâ… è ke préyîvan. E chin no få a moujå a chin ke no dêvin îthre… è ke no vouolin chobrå : di dzin ke travalyon è ke prêyon.

Ha fîtha : ly-è oun'omådzo i j'anhyan… è no dêvin to fére po le mertå achebin, no, dè hou ke vindron aprî no. Vouo vêdè kemin i va : on chè påchè dè j'ènèrachyon in jènèrachyon chin ke ly-a dè bon è dè bî din la ya. Ly-è pochin ke hou fîthè di « Costume et Coutumes » chon balè è ke no lè j'åmin.

Ke le Bon Diu bènechè le mondo… n'inda prou fôta… Ke le Bon Diu bènechè nouthron payi, chè dzin, cha têra, chè montanyè, chè tropi, chè travô, chè pênè, chè dzouhlyo… Ke le Bon Diu bènechè ha fîtha !

La traduction française, par Jean PharisaDéplier +

Traduction intégrale du sermon de 1960.

Vous tous, mes amis,

Nous nous retrouvons cette année dans l'Intyamon, dans ce joli village d'Estavannens. Nous sommes venus de toutes les régions de notre petit pays. Il en est venu aussi du Pays-d'Enhaut, les Pikozi, et même de Genève… « La Marjolaine ».

Il y a quelques années (réd. : en 1956), il m'avait été demandé de prêcher et je me souviens que j'avais pris deux mots de celui qui dort dans cette terre qu'il aimait tant, Crésuz, Fernand Ruffieux, qui disait : « Gruyère, beau pays de nos ancêtres, j'ai vu tes gens prier, je les ai vus travailler. »

Je veux vous dire cette année à peu près les mêmes choses, peut-être un peu autrement. Cette fête, comme toutes les fêtes chez nous, commence par la messe, et cela n'est pas une simple formalité. Il y a quelque chose de vrai, quelque chose de notre vie.

Nous pensons, ce matin, à cette messe des ancêtres qui, avant nous, ont mené la même vie. Qui ont aimé cette terre et ces montagnes avec les troupeaux et les chalets. Qui y ont travaillé, « alpé »… Qui se sont réjouis, qui ont aussi pleuré ; qui ont prié et qui dorment maintenant près de leur église.

Ces ancêtres ont porté le même bredzon, le même loyi, le même dzakillon. Ils ont connu les mêmes misères et les mêmes joies.

Ils s'en allaient le dimanche à l'église pour chanter et prier. Le soir, fatigués des travaux du jour, ils savaient, à genoux, à la chambre ou à la cuisine, tous ensemble, remercier le bon Dieu et saluer Notre-Dame…

Le Bon Dieu : ils savaient que sans lui on ne peut rien faire, comme disait son fils lorsqu'il était sur la croix, son fils qui est venu au monde dans une crèche. Ils aimaient placer à la chambre, sur la porte du corridor, dans la grange, à l'étable, dans les champs, les pâturages, sur les chemins et jusqu'en haut sur les vanils, la croix. La croix qui rappelle à ceux qui passent qu'il y a un Bon Dieu qui nous aime. La croix qui nous rappelle que nous ne sommes pas faits pour ce monde ; qu'il y en a un autre et qu'il ne sert à rien de trop s'attacher, sur cette terre, à l'argent et à tous les plaisirs, souvent mauvais, que le monde d'aujourd'hui nous donne.

Le monde d'aujourd'hui ne veut plus du bon Dieu, vous le savez bien : dans un grand nombre de pays, on persécute les prêtres et tous ceux qui croient, on brûle les couvents et les églises. Ils ne veulent plus rien avoir à faire avec Celui qui est venu sur la terre pour sauver les hommes. Ils Le méprisent, le crucifient à nouveau. Ils voudraient le voir au fin fond d'une fosse… mais les pauvres ! Ils oublient qu'il arrivera, tout soudain, comme Il est déjà arrivé. Il ressuscitera ! Non ! Il ne fait pas beau dans ces pays qui méprisent et refusent le Bon Dieu. Les gens sont des esclaves. Ils ne peuvent plus travailler comme ils le voudraient, ils ne peuvent même plus penser comme ils le voudraient. Ils ont perdu toute liberté. On ne veut pas de ça chez nous ! Nous voulons le Bon Dieu avec nous… et Notre-Dame aussi.

Notre-Dame : ces anciens, comme ils l'aimaient ! Pensez simplement à toutes les chapelles et à toutes les chapelettes qu'ils ont bâties : Notre-Dame des Marches et Notre-Dame de l'Evi que vous allez chanter ce matin et après-midi… Notre-Dame de la Dauda… Notre-Dame du Dah, où nous sommes ici, et puis Notre-Dame de Compassion à Bulle… Notre-Dame de la Vêrguena par Vaulruz… et du côté de Charmey, y en a-t-il ?…

Nous pensons, en écoutant ces noms et surtout Notre-Dame des Marches, à celui que nous avons tous connu et aimé : « l'abbé Bovet ». Il a tant aimé sa Gruyère ! Ses chansons : La Poya… En Tsuatso… Le Vieux Chalet… Le Comte de Gruyères… Galé Gringo… Toutes celles qui sont dans son livre et toutes celles qui n'y sont pas… elles resteront. Parce qu'il a su chanter l'âme du pays : ce qu'il y a de profond dans la vie et dans le cœur de nos gens. L'abbé Bovet, il est avec nous ce matin… on le chante… Il ne nous a pas oubliés et nous voulons lui dire que nous ne l'avons pas oublié…

Conclusion

Aujourd'hui ! Cette fête nous le demande… On pense aux ancêtres… à ce qu'ils étaient : des gens qui travaillaient, qui savaient se tenir joyeux… et qui priaient. Et cela nous fait penser à ce que nous devons être et que nous voulons rester : des gens qui travaillent et qui prient.

Cette fête : c'est un hommage aux ancêtres, et nous devons tout faire pour le mériter aussi, nous, et tous ceux qui viendront après nous. Vous voyez comment ça va : on se passe de génération en génération ce qu'il y a de bon et de beau dans la vie. C'est pour cela que ces fêtes des « Costumes et coutumes » sont belles et que nous les aimons.

Que le Bon Dieu bénisse le monde ! Il en a bien besoin. Que le Bon Dieu bénisse notre pays, ses gens, sa terre, ses montagnes, ses troupeaux, ses peines et ses joies ! Que le Bon Dieu bénisse cette fête !

Chapitre III · § 4

Du 9 au 12 mai 2013, la septième Poya d'Estavannens a accueilli quelque 60 000 visiteurs dans un village de 400 âmes. Portrait de Roger Jaquet, la cheville ouvrière de l'organisation, d'après les articles de la presse régionale.

Roger Jaquet, le « Monsieur solutions » de la Poya 2013

Interview de Jean Godel

Roger Jaquet, responsable de la commission exploitation et « Monsieur solutions » de la Poya 2013.
Roger Jaquet, responsable de la commission exploitation et « Monsieur solutions » de la Poya 2013.

Il serait la cheville ouvrière des Poyas d'Estavannens de 1989, 2000 et 2013, celui sans qui rien ne serait possible. Roger Jaquet, l'un des vice-présidents du comité directeur, mais surtout le responsable de la commission exploitation, réfute en bloc : « Sans les dizaines de bénévoles qui travaillent depuis des mois au sein des diverses commissions et sous-commissions, il n'y aurait pas de Poya ! » Tout juste reconnaît-il être l'homme de l'ombre.

Son rôle ? Trouver des solutions. Et les problèmes étant nombreux, l'homme ne manque pas de travail. Chef de section au Service financier cantonal, Roger Jaquet, 58 ans, aurait logiquement dû se retrouver à gérer l'imposant budget de 1,5 million de francs de la Poya 2013. Voire à la place de Raymond Gremaud, président des éditions de 1989 et 2000 dont il était le bras droit. Mais non : lui préfère rassembler les hommes plutôt que les sous.

« C'est vrai qu'à Estavannens, je connais tout le monde », lâche-t-il du bout des lèvres. On le croit volontiers : longtemps secrétaire-caissier de la société de laiterie et membre de la société de musique, membre actuel du chœur mixte, mais surtout conseiller communal d'Estavannens durant vingt-trois ans, dont treize comme syndic jusqu'à la fusion en 2004, Roger Jaquet est l'homme de terrain providentiel. « Vu mon passé, j'ai quelques filons avec les différents acteurs. »

Il fait aussi le pont entre l'Association gruérienne pour le costume et les coutumes (AGCC), dépositaire et organisatrice de l'événement depuis sa création en 1956, et les troupes sur le terrain. Ce qui fait du monde : en plus de l'équipe organisatrice d'une centaine de personnes, entre 1000 et 1200 bénévoles s'activeront durant les festivités. Roger Jaquet est donc au centre de nombreux rouages, à s'assurer qu'ils tournent bien.

Parfois dire stop au comité. D'autant plus que le rôle de l'AGCC est plutôt stratégique : concept, budget, communication… Avec ses équipes, Roger Jaquet doit penser à tous les détails qui découlent de telles options. « Parfois, je dois dire stop au comité. » Un comité pas toujours assez terre à terre, comprend-on entre les lignes.

Les défis ne manquent pas : hygiène, urgences médicales, sécurité, gestion des déchets, autant de domaines où les prescriptions se sont durcies depuis l'édition de 2000. Mais la gageure sera à coup sûr le ravitaillement dans un village de 400 âmes qui, durant cinq jours, accueillera 60 000 personnes. Comme il connaît tout le monde, Roger Jaquet a déjà réglé certains points à sa façon : « J'ai réuni quelques fromagers de la région qui se sont mis d'accord sur une assiette de fromages locaux. Même chose avec les boulangers : je veux travailler avec les artisans de la Gruyère. »

N'empêche : 2013 pourrait bien être l'édition de la taille limite. « Les visiteurs voient en cette fête un retour aux sources. Ils veulent donc qu'elle reste simple », juge Roger Jaquet. Une chose est sûre : la Poya ne sera jamais une foire marchande. Tout juste y trouvera-t-on des produits du terroir. « Il n'est pas question que l'on se vende ! »

La fête des retrouvailles. Le prix à payer, si l'on peut dire, pour réunir le budget, c'est la présence (les pressions ?) toujours plus forte des sponsors. Et ça, ça le gêne aux entournures, Roger Jaquet : « Le sponsoring apporte beaucoup, bien sûr. Mais il faut faire attention. » Pour cette édition, il ne devrait donc pas y avoir de tribunes ni de toilettes VIP à Estavannens.

Tout devrait être fait pour que la fête soit belle. Même si l'économie alpestre se porte mieux qu'en 1956 (il ne restait alors qu'une poignée de chaudières dans les Préalpes fribourgeoises), même si Estavannens ne compte plus que huit exploitations agricoles, Roger Jaquet tient à cette fête des retrouvailles avec le monde pastoral.

Lui qui n'est pas fils de paysan, il a « couraté » toute son enfance autour des chalets, comme tous les gamins du village. Aujourd'hui, son beau-fils, agriculteur à Charmey, tient un alpage au Gros-Mont. Et chaque année, Roger Jaquet prend des vacances pour aider à clôturer. Alors même si, pour la plupart, les Gruériens sont devenus des cols bleus et des cols blancs, il comprend qu'ils tiennent à leurs racines : « On a besoin de ressentir cette âme paysanne. »

Une Poya plus destinée à rappeler leurs origines aux Fribourgeois désormais citadins qu'à défendre le monde pastoral ? « La Poya n'est pas simplement du folklore, rectifie Roger Jaquet : dans nos montagnes, le monde pastoral reste une réalité qu'il est bon de montrer. C'est toujours bien de soutenir ceux qui travaillent dur dans les alpages. Parce qu'il faut être fou pour faire ce qu'ils font ! »

« La fondue est en train de prendre »

« Idéalement, il faudrait que la Poya ait lieu en automne… » La boutade n'amuse qu'à moitié Roger Jaquet, responsable de la commission exploitation de la Poya 2013 : en mai, la végétation est en pleine croissance et le passage de milliers de voitures laisse des traces durables dans les champs transformés en parkings. « Mais on s'est mis d'accord sur les indemnisations », rassure le « Monsieur solutions » du dispositif opérationnel.

Quel est le dossier le plus compliqué ? « Tout est compliqué ! » répond-il du tac au tac. On le croit. Tout a été prévu : un médecin et deux infirmières sur place avec ambulance et place d'atterrissage pour hélicoptère ; un plan beau temps et un autre mauvais temps pour les parkings ; une desserte massive en transports publics…

Les normes de sécurité, elles, se sont renforcées. Illustration : dès qu'un lieu fermé peut contenir plus de 80 personnes, il faut une deuxième porte. « Mais bon, on ne va pas creuser une porte dans une grange pour ça. » Le cas échéant, la capacité sera adaptée. L'hygiène aussi a ses contraintes : du matériel devra être mis à disposition des travailleurs dans tous les lieux de restauration : gants, tabliers, sabots, eau courante.

Roger Jaquet avoue quand même que le plus gros casse-tête est l'organisation de l'intendance. À mettre en place : 19 points de ravitaillement pour éviter les cohues, un système de bons pour le paiement, un stockage des denrées dans des remorques réfrigérées (à camoufler, les remorques), 200 bonbonnes de gaz à entreposer. La liste n'est pas exhaustive, faut-il le préciser ? Quant aux quantités à commander, c'est encore le flou, même si Roger Jaquet a déjà dû donner des estimations aux fournisseurs : cinq tonnes de pain et entre 500 et 750 jambons.

Limites atteintes. Alors, enfer ou paradis pour l'instant ? « Purgatoire », botte-t-il en touche. Mais Roger Jaquet sait déjà qu'il ne profitera pas de la fête : « Je serai au PC pour régler les problèmes. Je regarderai le DVD après. »

Pour l'heure, entre 300 et 400 bénévoles sont sûrs. Il en faudra entre 1000 et 1200. « Les gens s'annoncent au dernier moment, quand il y a du concret. » S'il réfute l'impression que la magie n'a pas encore pris dans la vallée, il reconnaît que l'esprit d'engagement de la population a évolué. « Connaissant les gens du coin, je ne me fais pas trop de souci. On est en train de mélanger la fondue et ça prend ! »

Pour autant, il reconnaît que la fatigue se fait sentir au sein des équipes déjà à pied d'œuvre. « Je pense qu'on a atteint les limites en termes de travail à fournir. »

Le comité de la Poya 2013 était présidé par Edgar Schorderet. La marraine de la manifestation était Mme Doris Leuthard, conseillère fédérale.

Séance du comité de la Poya 2013, présidé par Edgar Schorderet (photo Edgar Schorderet).
Séance du comité de la Poya 2013, présidé par Edgar Schorderet (photo Edgar Schorderet).
Mme Doris Leuthard, conseillère fédérale, marraine de la Poya 2013.
Mme Doris Leuthard, conseillère fédérale, marraine de la Poya 2013.

« Des vaches » massacrées : le vandalisme des décorations

Durant la Poya d'Estavannens, des décorations ont été vandalisées. À Estavannens, pendant le déroulement de la Poya, une quarantaine de vaches peintes avec beaucoup de plaisir par les élèves du cercle scolaire ont été cassées, piétinées et même volées par des vandales. Les élèves de la classe de 5P d'Estavannens ont réagi :

Tout d'abord, nous aimerions dire à ceux qui ont massacré nos vaches que, pour réaliser ces décorations, nous avons consacré du temps, de l'énergie et que nous y avions mis tout notre cœur.

Ensuite, chacun d'entre nous se réjouissait de pouvoir récupérer ces œuvres d'art en souvenir d'une fête qui a lieu tous les dix ans environ. En découvrant ces vaches par terre, ça nous a fait mal. Du chagrin et des larmes ont envahi nos cœurs et nos yeux.

Mais, surtout, nous trouvons que ceux qui ont cassé ces vaches n'ont eu aucun respect envers nous. Aimeriez-vous être à notre place ?

— Les élèves de la classe de 5P d'Estavannens

« Quel miracle si… »— lettre de Corinne Kolly, Bas-Intyamon :

Le cortège de la Poya d'Estavannens était le « schuss » final pour les écoles de Bas-Intyamon et de Grandvillard. Durant des mois, des enfants de 4 à 12 ans ont œuvré afin que la fête soit embellie par leurs costumes et leurs décorations. Ils étaient tous heureux de montrer leurs travaux. Leurs vaches placées le long de la route d'Estavannens faisaient leur fierté !

Dimanche matin déjà, certains de leurs regards étaient tristes et les larmes coulaient sur quelques joues, car des personnes se sont défoulées sur leurs vaches en les cassant durant la nuit. Comme si ça ne suffisait pas, durant cette journée de fête, certaines vaches encore intactes ont été volées, privant les enfants de prendre leur chef-d'œuvre à la maison.

J'aurais voulu que ces casseurs et voleurs voient les visages défaits de ces enfants, les larmes au bord des yeux, lorsque les instituteurs leur rendaient leur vache en morceaux ou qu'ils leur expliquaient le vol. J'espère que ces personnes liront ces quelques lignes et qu'ils s'en repentiront ! Le minimum serait un mot d'excuse. Quel miracle si, ces prochains jours, quelques vaches allaient être déposées devant les écoles d'Estavannens ou de Grandvillard ! Les visages de quelques enfants retrouveraient le sourire…

Les émissions en patois « Intrè-no » de Radio Fribourg

Diffusées le dimanche de 8 h 30 à 9 h sur Radio Fribourg (89.4 MHz FM), trois émissions de 30 minutes ont accompagné la Poya 2013, avec Placide Meyer, ancien préfet de la Gruyère, et Nicolas Jaquet, garçon de chalet, armailli, puis fromager :

DateIntervenantsSujet
5 mai 2013Placide Meyer et Nicolas JaquetLa poya d'Estavannens et l'alpage
12 mai 2013Placide Meyer et Nicolas JaquetLa poya d'Estavannens et l'alpage
19 mai 2013Placide Meyer et Nicolas JaquetLa poya d'Estavannens et l'alpage

Radio Fribourg ne conservant ses podcasts sur le web que pendant trois mois, le président des patoisants de la Gruyère, Marcel Thürler, de Vuadens, a gracieusement mis à disposition une copie du CD qu'il a enregistré.

Les films de la Poya 2013

  • La décoration dans le village et le spectacle « Réveil » (11 minutes) à valider (lien source non extrait)
  • La messe (extraits : 12 minutes) ; le cortège (extraits : 10 minutes) ; l'intégralité de la messe par la RTS à valider (liens source non extraits)

La fête en images

La messe de la Poya 2013
La messe de la Poya 2013
Le cortège de la Poya 2013
Le cortège de la Poya 2013
Les billets d'entrée de la Poya 2013 (Ticketcorner)
Les billets d'entrée de la Poya 2013 (Ticketcorner)
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village
La Poya 2013 : décorations et fête au village

Chapitre III · § 5

Depuis des temps immémoriaux, les gens d'Estavannens ont fané les Chaux, ces pentes herbeuses situées entre 1500 et 1907 m d'altitude, avec une pente de 40 %. Cette tradition séculaire a perduré jusqu'en 1966.

La construction de la « piète », traîneau de branches d'aulnes sur lequel on entassait le foin.
La construction de la « piète », traîneau de branches d'aulnes sur lequel on entassait le foin.

Depuis des temps immémoriaux, les gens d'Estavannens ont fané aux Chaux d'Estavannens. Ces travaux ont perduré jusqu'en 1966. Les Chaux faisaient partie du patrimoine des familles terriennes du village qui possédaient une ou plusieurs vaches. Il y avait la Chaux à Jean Caille, celle à Félicien Jaquet, celle à Mélanie, celle à Jules Grandjean, celle aux Jordan, celle à Eugène Jaquet, à Charles à Constant, etc. Au total, il y avait quelque 200 poses, divisées en 42 parcelles, plus ou moins grandes.

En principe, le fanage était effectué tous les deux ans. Certaines Chaux étaient fanées les années paires et les autres les années impaires. Si la récolte des foins était suffisante en plaine, on pouvait renoncer à travailler les Chaux. On les mettait alors en location pour l'année en cours, par simple contrat verbal, pour une cinquantaine de francs de l'époque. Si, par contre, le foin de la plaine était rare, on fanait tout de même les Chaux, les années où elles auraient été normalement laissées en herbe.

Ce travail débutait normalement après la « Madeleine », c'est-à-dire au lendemain de la fête patronale de Sainte-Marie-Madeleine. À cette époque, la fête avait lieu le jour du 22 juillet et n'était pas encore renvoyée au dimanche suivant.

Les hommes, lourdement chargés, partaient du village vers 4 h du matin. Après une courte prière à la chapelle du Dah, ils gravissaient « La Routze », un chemin étroit et tortueux de 26 virages, pour arriver aux pieds des Chaux, après une montée de deux heures et demie. Ils grimpaient la forte pente de la Chaux à faner et commençaient le fauchage. Ils fauchaient légèrement en oblique, le pied aval étant équipé d'un sabot spécial à semelle oblique et cloutée. Pour faire un andain sur la plus grande Chaux, en dessous de la « Sciernes-aux-Bœufs », il fallait compter 20 minutes. Puis ils retournaient sur leurs pas, sans enlever le sabot spécial, et fauchaient l'andain suivant. Le fauchage durait de deux à trois jours, selon la surface de la Chaux. Les hommes dormaient dans les chalets avoisinants, surtout au « Rapes-Dessus » et au « Plan-du-Chalet », avec les gardes-génisses.

Pour « taper » les faux, on avait amené une petite enclume que l'on fixait à une racine ou à une grosse pierre.

Lorsque le foin était sec et prêt à être râtelé, on faisait des signaux de fumée ou l'on étendait un drap blanc sur la pente. C'était le signal qu'attendaient les femmes du village pour rejoindre les hommes. Au nombre de trois à quatre, elles apportaient du cacao dans une boille, du pain, du fromage, du lard… bien sûr… pour les « medze-bakon » (les mangeurs de lard, sobriquet des stabadins).

On n'utilisait pas de fourches, car la pente rendait cet outil dangereux. À l'aide du râteau, on entassait le foin sur des sortes de traîneaux faits de « vérochi » attachés ensemble (des vernes ou aulnes verts). On appelait cet étrange véhicule des « piètes » en patois, que l'on pourrait traduire par « des plates ». Lorsque la hauteur de la « piète » était suffisante, on en appondait une nouvelle derrière, puis une troisième, etc. Lorsque le « train » de piètes était prêt, on le descendait tout au fond de la Chaux. Si on ne pouvait pas tout râteler en une journée, les femmes n'avaient pas le droit de dormir avec les hommes dans les chalets. Elles descendaient dormir au village et devaient remonter le lendemain matin, avec du ravitaillement. Puritanisme oblige…

Lorsque toutes les piètes avaient été amenées au fond de la Chaux, on en faisait une meule, à un endroit favorable. Le « nid » de la meule, c'est-à-dire le fond, était constitué de lattes croisées et de branches, afin de protéger le foin de l'humidité du sol. On appelait ce travail « fére on chéro ». Souvent, on clôturait tout autour avec du fil de fer barbelé pour protéger la meule des chamois et des chevreuils.

Après la désalpe, les gens du village remontaient aux Chaux, démontaient la meule et transportaient le foin dans les chalets maintenant libérés. Le poids d'un « filard » se situait entre 60 et 80 kg, selon la forme du porteur. Le trajet avec la Chaux la plus éloignée durait presque une heure. Les bonnes années, le total des filards récoltés sur l'ensemble des Chaux était d'environ 600, soit quelque 42 tonnes.

L'hiver venu, lorsque les conditions d'enneigement étaient favorables, les gens remontaient dans les chalets, faisaient à nouveau des filards de foin, les attachaient par « train » de cinq filards et dévalaient la « Routze » à vive allure. À la connaissance du narrateur, il n'y eut jamais de graves accidents. On pouvait effectuer au maximum deux voyages par journée. Depuis la cascade, on plaçait les filards sur des luges « à potzons » et on les ramenait dans les granges du village.

Ce foin était donné au bétail après l'abreuvage à la fontaine, mais il était mélangé avec du foin de plaine, car le seul foin des Chaux aurait provoqué des problèmes de digestion.

Ces propos ont été recueillis le 5 juillet 2005 par Jean Pharisa, auprès de Louis Jaquet, âgé de 82 ans, ancien agriculteur et ancien secrétaire communal.

L'hiver venu, le départ avec les luges « à potzons » pour redescendre le foin au village.
L'hiver venu, le départ avec les luges « à potzons » pour redescendre le foin au village.
Le soulier spécial à semelle oblique et cloutée des faucheurs des Chaux.
Le soulier spécial à semelle oblique et cloutée des faucheurs des Chaux.

Le film de 1983

En juin 1983, pour illustrer une thèse universitaire en ethnologie de Mme Catherine Darnaud-Frey (elle s'était chargée de trouver les 50 000 francs nécessaires), des cinéastes professionnels ont tourné un film en 16 mm, immortalisant ainsi cette tradition séculaire aujourd'hui disparue. Les acteurs étaient tous des gens d'Estavannens. Les trois cinéastes suisses alémaniques étaient Markus Baumann, Kilian Bühlmann et Félix Hochuli. Ce film a été projeté, entre autres, à l'église d'Estavannens lors de la fête de la Poya 1989. La thèse, présentée à l'Université de Berne, était intitulée : « L'évolution socio-économique d'Estavannens depuis le début du siècle ».

Toutes les photos de la galerie ci-dessous ont été tirées par des participants d'Estavannens lors du tournage du film. L'album de photos a été prêté par Gérard Jaquet, président de paroisse (acteur dans le film, en hiver), mais le photographe qui a réalisé l'album est Edmond Caille, l'homme aiguisant sa faux.

Documents et témoignages

  • « Fénâdzo : ouna chenanna pè lè Tzo d'Ehavanin » (« Fanage : une semaine par les Chaux d'Estavannens ») : texte de Maurice Caille (1907-1997), document prêté par Edmond Caille, son fils. Texte original en patois gruérien, traduit par Jean Pharisa en octobre 2017.
  • Des plans géométriques des Chaux, levés en 1745, sont conservés aux archives communales d'Estavannens ; un même dossier se trouve aux Archives de l'État de Fribourg.
  • « De "L'Enfer" au "Paradis" » : illustration tirée d'une publication universitaire sur la révolution agraire du Plateau et des Préalpes.
  • Le 21 septembre 1901, la journée tout à fait spéciale d'Isidore Niquille, syndic et député de Charmey, racontée par Pierre-Philippe Bugnard, historien et professeur émérite de l'Université de Fribourg : un livre avec 114 images et 12 000 signes, paru aux Éditions Montsalvens le 1ᵉʳ mars 2018, contient un passage sur le fanage des Chaux à Estavannens, illustré de quatre photos tirées de l'ancien site du village.
  • Le soulier spécial des faucheurs des Chaux permettait de traverser une pente de gauche à droite, puis de droite à gauche, tout en ayant la jambe droite et le pied bien à plat.

L'album du tournage — photographies d'Edmond Caille

Petite prière à la chapelle du Dah avant la montée
Petite prière à la chapelle du Dah avant la montée
Lourdement chargés, on gravit la pente
Lourdement chargés, on gravit la pente
On arrive aux pieds des Chaux
On arrive aux pieds des Chaux
Les faucheurs
Les faucheurs
Les râteleuses
Les râteleuses
La meule est terminée
La meule est terminée
Ah ! Que ça fait du bien !
Ah ! Que ça fait du bien !
Prise en charge d'un filard
Prise en charge d'un filard
… et encore d'un autre
… et encore d'un autre
Les porteurs de filards
Les porteurs de filards
On va pouvoir se soulager près du chalet
On va pouvoir se soulager près du chalet
Eugène Jaquet et ses filards
Eugène Jaquet et ses filards
Raphaël Jaquet et son équipement
Raphaël Jaquet et son équipement
Le foin est sorti des chalets
Le foin est sorti des chalets
La préparation des traîneaux
La préparation des traîneaux
La descente vers le village
La descente vers le village
Médaille des faneurs des Chaux
Médaille des faneurs des Chaux
Médaille des faneurs des Chaux (revers)
Médaille des faneurs des Chaux (revers)
Plan géométrique des Chaux levé en 1745, archives communales d'Estavannens
Plan géométrique des Chaux levé en 1745, archives communales d'Estavannens
Plan géométrique des Chaux levé en 1745, archives communales d'Estavannens
Plan géométrique des Chaux levé en 1745, archives communales d'Estavannens
« De l'Enfer au Paradis » : les Chaux, entre 1500 et 1907 m d'altitude, pente de 40 %
« De l'Enfer au Paradis » : les Chaux, entre 1500 et 1907 m d'altitude, pente de 40 %
Soulier d'Estavannens, chaussure des faneurs
Soulier d'Estavannens, chaussure des faneurs

Chapitre III · § 6

Aux Merlas, à la Dent du Chamois ou à la Dent du Bourgo, les croix posées par les gens du village jalonnent les sommets. Celle des Merlas, quatre fois reconstruite, a même connu un épisode judiciaire retentissant.

La quatrième croix des Merlas (1907 m), posée le 16 mai 2010 par la société de jeunesse d'Estavannens.
La quatrième croix des Merlas (1907 m), posée le 16 mai 2010 par la société de jeunesse d'Estavannens.
La première croix des Merlas, en sapin, posée en 1946 ou 1947 en souvenir de la Mission de 1946.
La première croix des Merlas, en sapin, posée en 1946 ou 1947 en souvenir de la Mission de 1946.

La première croix des Merlas (en sapin) a été posée en 1946 ou en 1947, en souvenir de la Mission de 1946. Sur la photo, de gauche à droite : Joseph Jaquet, président de paroisse (1877-1947) ; puis Paul Pharisa (1909-1964), Léon Jaquet, feu Charles (1913-2000), Charles Jaquet, dit Carlo à Émile (1917-1994), Arsène Grandjean (1913-1996) et François à Jean Caille (1909-1967). Le photographe est Louis Pharisa, charpentier, non présent sur la photo (1909-1991).

La deuxième croix des Merlas (en chêne) a été posée le 22 juillet 1963 par un groupe de la jeunesse d'Estavannens (le jour des funérailles de Berthe Jaquet, épouse de Jean à Pacifique). La commune a fourni le bois. Louis Pharisa (1909-1991), Dédé Pharisa (1941) et Jean-Pierre Pharisa (1942) ont construit les éléments. La bénédiction de cette croix a eu lieu l'année suivante, en 1964, par le Père Bernard Jaquet, un stabadin pur souche, accompagné de presque tous les membres de la société de jeunesse.

Les membres de la jeunesse présents à la bénédiction de 1964Déplier +

Dans le désordre — « et j'en oublie », précise le témoin.

Juliette Magnin, André Pharisa, Gisèle Jaquet, Léon Jaquet, Pierre Jaquet, Edmond Caille, Roger Jaquet (35), Georgette Jaquet, Antonie Jaquet, Jacqueline Pharisa, Charly Caille, Madeleine Caille, Thérèse Jaquet, Irène Caille, Yvonne Jaquet, Thérèse Jordan, Adèle Jaquet, Antoinette Jaquet, Michel Caille, Josiane Jaquet, Jean Pharisa (le photographe)… « et j'en oublie », précise le témoin.

La troisième croix des Merlas— La croix de 1963 a été brisée par un ouragan. Elle a été remplacée en 1988. André Dubath, charpentier à Estavannens, l'a construite. Elle fut également bénie quelque temps plus tard par le Père Bernard Jaquet, accompagné par une forte délégation de la société de jeunesse.

Les personnes sur la photo de la troisième croixDéplier +

Debout, de gauche à droite : André Pharisa (1941), Conrad Jaquet (1942), Marcel Pharisa (1947), Gérald Jaquet (1945), Émile Pharisa (1943), Jean-Pierre Caille (1945), Robert Caille (1943), Nicolas Caille (1947), Émile Jaquet (1945-2004), Edmond Caille (1941).

Accroupis, de gauche à droite : le Père Bernard Jaquet (1929-2007), François Blanc (1931-1990), Léon Jaquet (1913-2000), Claude Jaquet (1939), Roger Jaquet (1935-1987), Louis Jaquet (1923-2007), Constant Pharisa (1933-2009).

La croix des Merlas profanée (2010)

La croix des Merlas sciée, découverte le 12 février 2010 (photo parue dans la presse).
La croix des Merlas sciée, découverte le 12 février 2010 (photo parue dans la presse).

Le 12 février 2010, un promeneur a eu la désagréable surprise de constater que la croix avait été sciée juste au-dessus de la boîte contenant le livre d'or. L'affaire a été relayée par « La Gruyère » du samedi 13 février, « La Liberté » du lundi 15 février et le journal télévisé de la TSR.

« Nouvelle profanation dans les Préalpes fribourgeoises »Déplier +

Article de Stéphane Sanchez, « La Liberté » du 15 février 2010.

Nouvelle profanation dans les Préalpes fribourgeoises : la croix des Merlas, située sur les hauts d'Estavannens à une altitude de 1900 m environ, près du Vanil-du-Van, a été sciée net. « C'est un scandale ! Inadmissible ! » s'énerve le skieur riazois, membre du Club alpin, qui a découvert et photographié le résultat de ce méfait vendredi dernier, lors d'une randonnée à peau de phoque. « La croix était intacte le dimanche précédent, quand je suis monté. Elle a donc été sciée dans la semaine », indique-t-il, en précisant qu'il n'y avait pas de traces fraîches aux abords.

Contacté samedi par « La Liberté », le préfet de la Gruyère Maurice Ropraz « condamne fermement cet acte inqualifiable. Qu'il s'agisse d'un geste bête et méchant ou d'un manifeste pour un retour à une nature originelle, cet acte est une atteinte à un emblème religieux. À ce titre, il est passible d'une condamnation pénale. Si j'obtiens des informations complémentaires, je transmettrai ce dossier à l'Office des juges d'instruction », déclare le préfet.

Du côté d'Estavannens, paroisse et commune déplorent elles aussi ce geste. « On ne voit pas quel sens y donner », s'interroge le syndic de Bas-Intyamon, Roland Kaeser. « C'est prémédité, puisqu'il a fallu amener une scie », observe Cécile Conus, la présidente de paroisse. Les deux entités se concerteront avec la Société de jeunesse pour déterminer à qui reviendra la tâche de déposer plainte. Car la propriété de cette croix est loin d'être évidente. « Elle n'appartient pas au particulier qui possède les pâturages des Merlas. Elle se situe en effet à la limite de ses pâturages, dans le secteur des Chaux, sur le territoire de Bas-Intyamon », assure Cécile Conus, également ancienne secrétaire communale d'Estavannens. Et de recoiffer sa casquette actuelle : « Cette croix n'appartient pas non plus à la paroisse. »

La première croix a certes été posée dans le cadre de la Mission de 1946. Mais celles qui lui ont succédé en 1963, puis en 1990 à valider (la page indique par ailleurs un remplacement en 1988), ont fait l'objet du même « rituel », poursuit Cécile Conus : confectionnées par un artisan du village avec du bois fourni par la commune, posées par la Jeunesse d'Estavannens, elles ont été bénies par la paroisse. « En ce sens, cette croix n'appartient à personne, si ce n'est, symboliquement, à l'ensemble des villageois », estime la présidente.

Quoi qu'il en soit, la Jeunesse, qui pensait justement organiser une messe cette année ou l'année prochaine aux Merlas, se porte d'ores et déjà volontaire pour perpétuer la tradition : « On va reposer une nouvelle croix dans les plus brefs délais », propose son président Ludovic Seydoux. « Cela pourrait s'inscrire dans le cadre des festivités qui auront lieu cette année pour les 60 ans de la Jeunesse », indique-t-il. « La commune est disposée à fournir le bois », abonde Roland Kaeser.

Quant au cas de la croix du Vanil-Noir, profanée en octobre dernier, il est toujours pendant. Pro Natura, qui avait déposé plainte, n'a aucune nouvelle de l'instruction. Idem pour le préfet Maurice Ropraz, qui avait dénoncé cet acte pour atteinte à la liberté de croyance et des cultes. « Peut-être que ce nouvel acte va relancer le dossier », espère José Collaud, chargé d'affaires de Pro Natura.

Le 15 mars 2010 (un mois plus tard), l'enquête ordonnée par le préfet de la Gruyère après le dépôt d'une plainte pénale par la commune a permis l'arrestation de l'auteur : Patrick Bussard, guide de montagne. Une polémique s'est rapidement développée dans la presse régionale et à la télévision, et dura plusieurs semaines.

L'épilogue judiciaireDéplier +

« La Gruyère » du samedi 21 avril 2012.

Pro Natura a retiré sa plainte, déposée contre Patrick Bussard après des dégâts causés à la croix du Vanil-Noir en automne 2009. Le « scieur de croix » a versé une indemnité « légèrement supérieure à 1000 francs », exposent les deux parties, confirmant une information parue dans « La Liberté » de jeudi. « C'est une question de principe : chaque fois que nous subissons des dommages à la propriété, nous déposons plainte, indique José Collaud, chargé d'affaires à Pro Natura Fribourg. Après avoir été indemnisés, nous n'avions pas de raison de maintenir notre plainte. Nous ne voulions pas entrer dans le débat sur la liberté de croyance. Ce n'est pas le but de notre association. »

Plus aucune plainte pour dommage à la propriété ne pèse donc sur Patrick Bussard. Les plaintes du Conseil de paroisse de Broc (pour dégâts sur la croix de la Dent-de-Broc) et de la Société de jeunesse d'Estavannens (croix des Merlas sciée) avaient été déclarées irrecevables, car ils n'étaient pas les propriétaires des objets en question (« La Gruyère » du 18 octobre 2011).

Le « scieur de croix » reste cependant attendu par le Tribunal de la Gruyère. « L'audience est fixée au 9 mai, note son avocat Me Jean Lob, de Lausanne. Faute de plaignant, nous ne serons opposés qu'au Ministère public pour atteinte à la liberté de croyance. Selon le Code pénal, l'infraction est punissable au maximum de 180 jours-amendes. Le dommage à la propriété est plus sévèrement réprimé avec, au maximum, une peine privative de liberté de trois ans ou une peine pécuniaire. Du point de vue pénal, nous avons déjà gagné une bataille. Mais nous plaiderons l'acquittement. » (TG)

La quatrième croix des Merlasa été transportée et posée le samedi précédant la Pentecôte, le 16 mai 2010. Elle a été bénie le lendemain, jour de la Pentecôte, par l'abbé Guy Oberson, en présence de plus de 200 personnes. Toutes les photos ont été gracieusement mises à disposition par Séverine Pharisa, au nom de la société de jeunesse.

Les jeunes sur la photo parue dans « La Gruyère »Déplier +

Pose de la quatrième croix, 16 mai 2010.

Au premier plan, tout devant, Maxime Seydoux ; les quatre filles derrière, de gauche à droite : Marie Francey, Lucie Jaquet, Séverine Pharisa, Sabrina Jaquet ; à côté des filles, le garçon à genou (cheveux blonds) : Sébastien Pharisa ; le garçon juste derrière les filles, à genou (cheveux bruns) : Ludovic Seydoux ; les trois garçons en rouge et orange, de gauche à droite : Victor Francey, Grégoire Masset, Cyril Guillet ; derrière, de gauche à droite : Loïc Pharisa, Raphaël Jaquet, Johan Blanc, Alexandre Caille, Boris Grandjean, Mathias Caille, Steve Albrecht, Julien Francey, Jérémie Pharisa.

Trois retraités à la croix des Merlas — Le 25 juin 2010, trois retraités sont montés à la croix des Merlas : Gérald Beaud (70 ans), Gérard L'Homme (78 ans) et Jean Pharisa (71 ans). Itinéraire : la scie (775 m), la chapelle du Dah (823 m), direction la cascade, route forestière, cabane du ski-club (1120 m), route forestière, les Râpes-Dessous (1363 m), Vacheresse (1746 m), les Merlas (1907 m) et retour par la « Routze ». De 775 m à 1907 m, cela représente 1132 m de dénivelé. Le webmestre du site racontait : « J'étais exténué, vidé, complètement groggy en arrivant à la chapelle du Dah. La dernière fois que j'y étais grimpé, j'avais 24 ans ! C'était pour la bénédiction de la 2ᵉ croix. Je suis bien obligé d'admettre aujourd'hui que la forme physique n'était plus du tout la même… »

La Dent du Chamois et la Dent du Bourgo

La croix de la Dent du Chamoisa été posée le 1ᵉʳ août 1986 par des tireurs reconnaissants, à la suite de la sixième qualification d'un groupe à la finale des championnats suisses d'Olten. De gauche à droite : Christian Caille, Marcel Pharisa, René Chappalley, Jean-Pierre Caille, Claude Jaquet (39) et Raphaël Jaquet.

La croix du Bourgoa été remise en place par la SIV (Société d'intérêts villageois) d'Estavannens, à 1909 m (400 kg de béton). Vingt stabadins ont gravi les 1100 m de dénivelé (« La Liberté » du 24 mai 2005, n° 194, page 19).

Le 3 novembre 2007, le livre d'or de la croix de la Dent du Bourgo, plein, a été remplacé : « Le temps était radieux : mer de brouillard, une clarté à couper le souffle. Seul un tout petit bémol : un vent assez frais au sommet. Si vous vous rendez à la Dent du Bourgo, n'oubliez pas d'écrire ce qui vous passe par la tête. Les livres sont tous conservés soigneusement par la Société d'intérêts villageois d'Estavannens (SIV). »

Comment s'y rendre ?Depuis Estavannens (village d'en bas, au-dessus du café des Montagnards), suivre le balisage par les points suivants (mentionnés sur la CN au 1:25 000) : Estavannens – La Scierne, pt 1294, Les Râpes, Vacheresse, Dent du Bourgo. Le dénivelé total est de 1100 m ; il faut compter entre 3 h et 4 h pour la montée. Ce sommet est idéal en arrière-automne car, même s'il y a un peu de neige, cela n'empêche pas d'y accéder. La vue est impressionnante : Mont-Blanc, Dents-du-Midi, Jungfrau, Brenleire et Folliéran, le Plateau romand (les trois lacs et le Léman).

Des croix se dressent aussi sur la Dent de Brenleire (2353 m, commune de Charmey) et la Dent de Folliéran (2340 m, territoire d'Estavannens).

À consulter : le livre de Denise Sonney, enseignante retraitée du CO de Bulle, « Présence sur la montagne en terre fribourgeoise », pages 132 à 139, 2012, Éditions de La Sarine, ISBN 2-88355-154-1.

Les croix en images

La pose de la première croix des Merlas
La pose de la première croix des Merlas
La deuxième croix des Merlas, en chêne, posée le 22 juillet 1963
La deuxième croix des Merlas, en chêne, posée le 22 juillet 1963
La bénédiction de la deuxième croix des Merlas en 1964 par le Père Bernard Jaquet
La bénédiction de la deuxième croix des Merlas en 1964 par le Père Bernard Jaquet
La troisième croix des Merlas, construite en 1988 par André Dubath
La troisième croix des Merlas, construite en 1988 par André Dubath
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Transport et pose de la quatrième croix des Merlas, mai 2010
Bénédiction de la quatrième croix des Merlas, jour de la Pentecôte 2010
Bénédiction de la quatrième croix des Merlas, jour de la Pentecôte 2010
La montée du 25 juin 2010 : vue sur Estavannens, Enney, Gruyères et Bulle
La montée du 25 juin 2010 : vue sur Estavannens, Enney, Gruyères et Bulle
L'arête ondulée des Chaux et l'arête rectiligne des Râpes
L'arête ondulée des Chaux et l'arête rectiligne des Râpes
L'arête des Chaux, la vallée de Motélon et le champ de rhododendrons
L'arête des Chaux, la vallée de Motélon et le champ de rhododendrons
De Vacheresse à la croix : 1900 m en ligne droite
De Vacheresse à la croix : 1900 m en ligne droite
La croix de la Dent du Chamois, posée le 1ᵉʳ août 1986 par des tireurs
La croix de la Dent du Chamois, posée le 1ᵉʳ août 1986 par des tireurs
La croix de la Dent du Bourgo, à 1909 m
La croix de la Dent du Bourgo, à 1909 m
La croix de la Dent de Brenleire (2353 m, commune de Charmey)
La croix de la Dent de Brenleire (2353 m, commune de Charmey)
La croix de la Dent de Folliéran (2340 m, territoire d'Estavannens)
La croix de la Dent de Folliéran (2340 m, territoire d'Estavannens)

Chapitre III · § 7

L'église d'Estavannens, intacte pour l'essentiel depuis 1635, abrite un maître-autel de Charles Pidoux et un tableau de Gottfried Locher. Son clocher a longtemps résonné du carillon des Jaquet, carillonneurs de père en petit-fils.

Une église rurale et un fonctionnalisme dévot

Cette église est l'exemple achevé de ce type préalpin. Les portes latérales et la tribune mises à part, tout est resté intact depuis 1635. Le chœur polygonal, éclairé de baies géminées, a vu disparaître le décor monochrome des voûtains, mais dans la nef, le berceau de bois a gardé ses couvre-joints, ses bandeaux sculptés et ses planches décorées de fleurons noirs.

Histoire du canton de Fribourg, 1981, vol. 2, p. 613

Gottfried Locher, peintre des fêtes de la lumière

À Estavannens, en 1768, la lumière enflamme la matière brute du globe terrestre et dissout les anges qui se fondent à l'arrière-plan. La distance optique réduite rend la scène si tangible que la Vierge semble s'être assise au milieu même de ses fidèles. De son visage, la tendresse rayonne en lumière chaude et griffe les glacis sur les aplats sourds du manteau et de la robe.

Histoire du canton de Fribourg, 1981, vol. 2, p. 657

L'atelier Pidoux, de l'artisanat à la manufacture

Le retable d'Estavannens, 1769, montre sous l'éclat des polychromes cette précision dans l'assemblage des colonnes et des corniches. Mais le curé de l'époque, Dom Antoine-Joseph Charles, de Riaz (18.03.1739 - 14.11.1778), ne se contente plus d'un peintre d'ex-voto. Il commande à Locher les trois tableaux d'autel.

Histoire du canton de Fribourg, 1981, vol. 2, p. 687-688

Le maître-autel de l'église d'Estavannens a été réalisé en 1768 par le dernier des grands sculpteurs gruériens, Charles Pidoux, de Vuadens (1724-1774). Il était en bois sculpté et polychromé (faux marbre). Il a été restauré en 1988. Le « Tableau du Rosaire » a été peint en 1769 par l'artiste Gottfried Locher (1730-1795). (Réf. : « La Gruyère dans le miroir de son patrimoine », tome 4, « Sous le signe de la croix », page 16. En vente au Musée gruérien et à la librairie du Vieux-Comté, coffret en 5 volumes + DVD, fr. 99.-.)

Le maître-autel de l'église d'Estavannens, réalisé en 1768 par Charles Pidoux, avec le « Tableau du Rosaire » de Gottfried Locher (1769).
Le maître-autel de l'église d'Estavannens, réalisé en 1768 par Charles Pidoux, avec le « Tableau du Rosaire » de Gottfried Locher (1769).

L'horloge du clocher

Le mouvement d'horloge, œuvre de L.-D. Odobey cadet, de Morez, est toujours en fonction et sans assistance électrique. Vers l'année 1965, André Caille, dit « Dédé à Pointu », a complètement démonté et remonté cette merveilleuse mécanique ; l'horloge ne fonctionnait plus depuis plusieurs années.

L'ancien orgue d'Estavannens (1905-2000) : une seconde vie dans les Grisons

Lundi matin 5 juin 1905 a eu lieu l'expertise du nouvel orgue d'Estavannens par M. le professeur Gustave Roulin, de Vevey. Dimanche soir, M. Roulin avait donné un concert d'orgue qui a réussi à la satisfaction des autorités et de la population d'Estavannens. « Ces orgues font honneur à leur constructeur, M. Wolf, facteur d'orgues à Fribourg. L'articulation des sons est irréprochable et les jeux doux sont d'une finesse extraordinaire. La paroisse d'Estavannens peut s'estimer heureuse de son acquisition. » (Journal « Le Fribourgeois » du 7 juin 1905, n° 85, page 3.)

Le devis était de fr. 6000.-. L'inauguration avait eu lieu le dimanche 14 mai 1905. Cet orgue avait remplacé celui de quatre registres, racheté pour fr. 1500.- en 1876 au curé de Morlon qui n'en avait plus l'emploi.

À l'origine, ces orgues possédaient 10 jeux. En décembre 1948, deux nouveaux jeux ont été ajoutés. À la même date, le pupitre-clavier a été déplacé, de face à l'autel à dos à l'autel (avec de gros risques pour l'organiste de culbuter dans la nef). Le souffleur manuel (pompe à main) a été remplacé par un moteur électrique placé dans le clocher. Ces travaux ont été effectués par Dumas, facteur d'orgues à La Magne. L'instituteur du lieu, Jean Andrey, et son père Maxime, instituteur à Grandvillard, ont donné un concert d'inauguration, puis l'instrument a été « repris » par l'abbé Bovet et ses petits pinsons de Saint-Nicolas, pour la suite du concert. À cette époque, Félicien Jaquet était président de paroisse et Gustave Jaquet était en charge du dossier.

L'ancien orgue d'Estavannens restauré, aujourd'hui à Domat/Ems (Grisons).
L'ancien orgue d'Estavannens restauré, aujourd'hui à Domat/Ems (Grisons).

En juillet 2005, le webmestre a reçu ce courriel de Pieder Jörg, de Domat/Ems (Grisons) :

J'étais en recherche d'un orgue d'occasion pour ma maison. Sur un site web allemand, j'ai trouvé quelques instruments, parmi lesquels il y avait un petit instrument romantique qui me plaisait beaucoup. J'ai contacté le revendeur à Wuppertal, en Allemagne. Il était un peu surpris, car cet instrument était déjà dans un dépôt en Pologne. Il comptait le vendre là-bas. Alors, ma femme et moi-même avons fait un voyage en Pologne pour voir l'orgue. Celui-ci était complètement démonté et tout en vrac. Ce fut un coup de foudre. Et puis une surprise encore d'apprendre que cet instrument venait de Suisse : l'orgue ancien d'Estavannens ! Comme tout le matériel était déjà en Pologne, on s'est décidé à faire une restauration de l'instrument chez un facteur d'orgues polonais. Après une année, tout est arrivé aux Grisons, à Domat/Ems, où nous habitons. Après beaucoup de travail, l'instrument est ressuscité et on peut y jouer.

L'orgue a donc voyagé d'Estavannens, en Gruyère, à Domat/Ems, dans les Grisons, en passant par Legnica, Katowice et Cracovie (Pologne). En l'an 2000, pour le restaurer en Suisse, il aurait fallu assumer une dépense de près de fr. 200 000.-. Le jeune couple grison n'aura déboursé qu'un tiers de ce montant en l'achetant et en le faisant restaurer en Pologne, frais de transport, de montage, de réglages… et de TVA compris.

Le nouvel orgue mobile (occasion)

Orgue mécanique à tuyaux, instrument personnel de l'organiste Pierre-Yves Asselin, construit par la maison Haerpfer en 1984, en France.

ÉlémentJeuÉtainAccord
Clavier I (56 touches, do 1 à sol 5)Flûte à cheminée 8'40 %Calottes d'accord mobiles
Clavier IMontre 4'60 %Bagues d'accord mobiles
Clavier IQuinte 1' 1/360 %Bagues d'accord mobiles
Clavier II (56 touches, do 1 à sol 5)Bourdon 8'25 %Calottes d'accord mobiles
Clavier IIQuarte 2'25 %Bagues d'accord mobiles
Pédalier (30 touches, do 1 à fa 3)En tirasse, + sous-basse 16'+ électrification des ports pour en faire des jalousies

Accouplements : II/I, I/Péd., II/Péd.

Caractéristiques :

  • buffet en chêne massif avec portes ;
  • touches naturelles en ivoire, dièses en ébène ;
  • banc en chêne massif ;
  • un sommier avec table en contreplaqué et chapes en chêne massif (3 jeux du clavier I à l'avant et 2 jeux du clavier II à l'arrière).
DimensionMesure
Hauteur2,60 m
Largeur1,63 m
Profondeur du buffet0,70 m
Profondeur des claviers+ 0,32 m, pour 1,02 m au total
Profondeur du pédalier+ 0,76 m, pour 1,46 m au total

Prix : fr. 76 500.-, y compris transport, installation, revue de l'harmonie et accord final. Fournisseur : Manufacture d'orgues F & L Ayer Sàrl, Route de Romont 7, 1670 Ursy.

Les carillonneurs d'Estavannens

Xavier Jaquet (1909-1990), carillonneur, sonneur et remonteur d'horloge durant près de 50 ans, a été fêté par la communauté d'Estavannens le 30 mars 1978. Il était rétribué à raison de fr. 100.- par an. Il fonctionnera encore une dizaine d'années, jusqu'à la reprise de la fonction par son petit-fils Thierry Jaquet.

Le jour de Noël 2004, une vidéo a été tournée par le webmestre dans le clocher de l'église d'Estavannens : le carillonneur Thierry Jaquet y est « aux commandes » de ses quatre cloches. Contrairement au texte déroulant du film, il y avait alors encore deux autres carillonneurs « à la volée » connus : l'un à Viège (VS) et l'autre à Hermance (GE).

Le carillonneur Thierry Jaquet dans le clocher de l'église d'Estavannens, Noël 2004 (env. 9 minutes)
Thierry Jaquet aux commandes de ses quatre cloches dans le clocher, Noël 2004.
Thierry Jaquet aux commandes de ses quatre cloches dans le clocher, Noël 2004.

Cyril Guillet, fils d'Anita née Magnin, a remplacé Thierry Jaquet durant quelques années, puis il a quitté le village. Thierry Jaquet est décédé le 21 janvier 2024 : il n'y a plus personne pour assurer cette fonction. À Estavannens, on va beaucoup regretter que le beffroi du village ne résonne plus de ces joyeuses notes.

L'église en images

Partie supérieure du maître-autel : le Tableau du Rosaire dans son cadre rocaille
Partie supérieure du maître-autel : le Tableau du Rosaire dans son cadre rocaille
Partie inférieure du maître-autel, en bois sculpté et polychromé (faux marbre)
Partie inférieure du maître-autel, en bois sculpté et polychromé (faux marbre)
Le mouvement d'horloge de L.-D. Odobey cadet, de Morez, toujours en fonction sans assistance électrique
Le mouvement d'horloge de L.-D. Odobey cadet, de Morez, toujours en fonction sans assistance électrique
Détail de la mécanique de l'horloge du clocher
Détail de la mécanique de l'horloge du clocher
Le clavier de l'ancien orgue d'Estavannens (1905)
Le clavier de l'ancien orgue d'Estavannens (1905)
Le clocher de l'église d'Estavannens
Le clocher de l'église d'Estavannens
Xavier Jaquet (1909-1990), carillonneur, sonneur et remonteur d'horloge durant près de 50 ans
Xavier Jaquet (1909-1990), carillonneur, sonneur et remonteur d'horloge durant près de 50 ans

Chapitre III · § 8

Les trois paroisses d'Enney, d'Estavannens et de Villars-sous-Mont ont fusionné le 1ᵉʳ janvier 2006. La paroisse fait partie de l'Unité pastorale Notre-Dame de l'Evi.

La chapelle du Dah (823 m), au pied de la montée vers les Chaux.
La chapelle du Dah (823 m), au pied de la montée vers les Chaux.

Les trois paroisses d'Enney, d'Estavannens et de Villars-sous-Mont ont fusionné le 1ᵉʳ janvier 2006 pour former la paroisse de Bas-Intyamon. Compte postal : 17-3459-6.

La paroisse est desservie par l'équipe pastorale de l'Unité pastorale Notre-Dame de l'Evi. Les statuts de l'Association des paroisses de l'UP Notre-Dame de l'Evi ont été mis en ligne le 12 mars 2017.

Les sacristains et sacristines à valider

La correspondance exacte nom/localité/téléphone est reconstituée d'après la mise en page du site source.

NomLocalitéTéléphone
Gabrielle GrandjeanEnney026 921 02 65
Rita PasquierEstavannens079 379 91 04
M.-Elisabeth BothVillars-sous-Mont026 928 17 91
Jean-Pierre EcoffeyVillars-sous-Mont079 298 74 92

Les assemblées paroissiales

Les procès-verbaux des assemblées suivantes sont disponibles auprès de la paroisse :

  • assemblée du 20 avril 2017
  • assemblée du 12 avril 2019
  • assemblée du 4 septembre 2020
  • assemblée du 23 avril 2021
  • assemblée du 21 avril 2023
  • assemblée du 16 avril 2024
  • assemblée du 11 avril 2025

Le tractanda de l'assemblée du 21 avril 2026 est également annoncé.

Un nouvel oratoire à Estavannens : l'Oratoire de la Poya

Dans le cadre de la Poya 2013, les tavillonneurs, avec le concours du Chœur de l'Intyamon, ont construit un oratoire. Un ouvrage magnifique qui, par la suite, a été remis par l'organisation de la Poya à la paroisse de Bas-Intyamon. Le conseil de paroisse a dès lors étudié un projet pour le placer dans le secteur d'Estavannens.

Celui-ci, appelé « Oratoire de la Poya », a été mis en place dans un endroit joliment aménagé, en bordure de la route qui part de l'église vers le quartier de maisons appelé « Rez-de-la-Ferranna ».

La statue que l'on peut admirer dans cet écrin, une Vierge à l'Enfant, est une vraie merveille réalisée par l'artiste-sculptrice Maryline Caille, habitante d'Estavannens. Cette statue est un don de la société de chant d'Estavannens, laquelle, lors de son 100ᵉ anniversaire, a tenu à faire un geste substantiel à la communauté villageoise.

Le dimanche 20 septembre 2015, dans une atmosphère plutôt frisquette, mais empreinte de ferveur, a eu lieu la bénédiction de cet oratoire. La messe, chantée par le Chœur mixte d'Estavannens et de Villars-sous-Mont, a été célébrée devant l'oratoire par l'abbé Claude Deschenaux.

Des mots de reconnaissance ont été exprimés envers tous les groupes et personnes qui ont œuvré, de quelque manière que ce soit, pour que ce nouveau lieu de recueillement voie le jour. Cette fête de bénédiction s'est terminée, dans une ambiance conviviale, lors de l'apéritif offert par la paroisse.

Cécile Conus / bulletin paroissial, décembre 2015

La bénédiction de l'Oratoire de la Poya par l'abbé Claude Deschenaux, le 20 septembre 2015.
La bénédiction de l'Oratoire de la Poya par l'abbé Claude Deschenaux, le 20 septembre 2015.
L'Oratoire de la Poya, construit par les tavillonneurs lors de la Poya 2013, avec la Vierge à l'Enfant de Maryline Caille.
L'Oratoire de la Poya, construit par les tavillonneurs lors de la Poya 2013, avec la Vierge à l'Enfant de Maryline Caille.

Le territoire paroissial compte aussi plusieurs lieux de dévotion : la chapelle du Dah (Notre-Dame du Dah) et la chapelle de l'Evi, avec sa Vierge.

La chapelle de l'Evi
La chapelle de l'Evi
La chapelle de l'Evi
La chapelle de l'Evi
La Vierge de l'Evi
La Vierge de l'Evi
Documents du site source non repris dans cette maquetteDéplier +

Fichiers liés (PDF, audio, vidéos) de l'ancien site, non extraits — à valider avec le village.

  • Fêtes de la Poya : les textes des homélies de la Poya 2000 (patois et français), le sermon audio de l'abbé Paul Chollet (1989, 7 min 35) et sa traduction PDF étaient des fichiers liés non extraits ; seuls les renvois existent. à valider
  • Poya 2013 : les articles de la presse régionale (« La Gruyère », « La Liberté » des 4, 7, 8, 11, 13 et 14 mai 2013) étaient des liens vers des fichiers non extraits ; les quatre vidéos (décoration/spectacle « Réveil », messe, cortège, messe intégrale RTS) sont mentionnées sans identifiants exploitables. à valider
  • Fanage des Chaux : le texte intégral « Fénâdzo » de Maurice Caille (patois + traduction) est un PDF non extrait ; le message de Pierre-Philippe Bugnard du 3 octobre 2017 et le passage de son livre sur le fanage sont des documents liés non extraits. à valider
  • Paroisse : le tableau d'organisation de la paroisse, les procès-verbaux des assemblées et les statuts de l'UP Notre-Dame de l'Evi sont des documents liés (images/PDF) non extraits. à valider
  • Les croix : le reportage du journal télévisé de la TSR n'existe plus (indiqué sur le site source) ; le document « L'histoire de la première croix des Merlas posée en 1946 » est un lien non extrait. à valider
  • Orgues et carillon : la photo de l'orgue restauré envoyée par Pieder Jörg est mentionnée ; l'image du nouvel orgue mobile de Pierre-Yves Asselin ne figure pas dans les images extraites. à valider