Chapitre II — L’histoire

Notice historique de 1879, registres paroissiaux depuis 1615, rôles militaires, recensements, bornages du XVIIIe siècle et récits villageois : la mémoire écrite d’Estavannens, dépouillée pièce par pièce.

Plan cadastral ancien d’Estavannens : lieux-dits « Clos des Bossons », « En la Planche des Perreys », « En la Rossenaz », « En la Navion ».
Plan cadastral ancien d’Estavannens : lieux-dits « Clos des Bossons », « En la Planche des Perreys », « En la Rossenaz », « En la Navion ».

Chapitre II · § 1

Les habitants d’Estavannens sont des Stabadins et des Stabadines. Leur sobriquet : « Lè medze bakon » (les mangeurs de lard).

En 1879, l’historien du village Louis Gérard entreprend de reconstituer l’histoire de cette petite localité. Il raconte lui-même sa découverte :

« Ce résumé si succinct ne me suffisant pas, il m’a paru curieux pour moi et utile à mes semblables de fureter dans les arcanes du passé pour reconstituer, à l’aide des documents qui s’y trouvent, l’histoire de cette petite localité. Grâce à la condescendance des autorités tant ecclésiastiques que civiles de l’endroit, j’ai eu toute espèce de facilités à cet égard. Muni des clés qui ont bien le cachet du temps, j’ai trouvé dans un coin secret de la petite église le coffre précieux, véritable "arche de Noé", qui a sauvé de la ruine et de la destruction une mine inépuisable de documents d’un autre âge. »

L’arche en bois de noyer porte, incrustée au moyen d’un placage d’érable assez bien exécuté, la date de 1622 d’un côté de la serrure et, de l’autre, les initiales J.D. d’un Jean Desiensy, maître-charpentier (il y en avait déjà au village en 1432). Les richesses historiques de ces titres avaient déjà été appréciées par le professeur Gremaud, collectionneur faisant autorité dans le canton. Louis Gérard regrette toutefois « de trouver dans un si piteux état de conservation des titres, la plupart sur parchemin et pour l’ordinaire dépouillés des sceaux qui en augmentaient de beaucoup la valeur historique ».

Sa notice de 1879 comprend une page de couverture, « La paroisse » (pages 1 à 20) et « La commune » (pages 21 à 42).

Les comtes de Gruyères, dont l’histoire est liée à celle du village.
Les comtes de Gruyères, dont l’histoire est liée à celle du village.
L’écu d’Estavannens.
L’écu d’Estavannens.

Repères anciens

Documents transmis en 2025 par William Horner, historiographe de Broc et de la châtellenie de Montsalvens. Le village est partagé en Estavannens d’Amont et Estavannens d’Avaud (dessus et dessous). Le premier contient l’église Sainte-Marie-Madeleine, dont le gouvernement a la collature, et 20 maisons ; le second 30 maisons, soit 50 au total, plus 25 granges et 60 chalets disséminés dans toute l’étendue de la paroisse. On trouve dans cet endroit une pinte.

  • 1308les habitants sont délivrés de la mainmorte.
  • 1334Pierre, comte de Gruyère, et Perrette de Prangiés échangent quelques cens à Estavannens.
  • 1425Rolet, dit Escoffier, d’Estavannens reconnaît en faveur de Jacques de Cléri, de Gruyère, sous le sceau du comte Antoine.
  • 1489Louis, comte de Gruyère, échange quelques poses de terre avec Nicod et Johannetus Sudan, d’Estavannens.
  • 1555il est question de la porterie d’Estavannens, à quelle occasion George de Corbières, châtelain de Gruyère, fut clamé. La même année, le vicaire desservant la chapelle Sainte-Marie-Madeleine pour le curé de Broc, trouvant son revenu trop modique, voulut la quitter ; le Prieur fut astreint à lui laisser le tiers des offrandes des baptêmes et la jouissance d’un prêt légué à la cure.
  • 1557Estavannens est érigée en paroisse, mais le curé est obligé de payer annuellement 20 livres à Broc. Ceux de Grandvillard devaient au prêtre d’Estavannens un cens annuel de 30 livres ; à la suite d’une sentence du vicaire général, ils furent condamnés à l’acquitter et à choisir un délégué pour en faire la collecte.
  • 1570on ordonne à ceux d’Estavannens de rendre leur chemin praticable pour les chevaux et les piétons, afin qu’il n’arrive pas d’accident.

La châtellenie de Montsalvens

D’après la grosse de 1433, le nombre de reconnaissants (chefs de famille) est cartographié par localité, par tranches : 41-50, 31-40, 21-30, 11-20 et 1-10, pour La Tour-de-Trême, Gruyères, Montsalvens, Crésuz, Châtel-sur-Montsalvens, Broc, Grandvillard, Le Bu (Le Buth), Lessoc et Rossinières.

Carte de la châtellenie de Montsalvens : chefs de famille par localité d’après la grosse de 1433.
Carte de la châtellenie de Montsalvens : chefs de famille par localité d’après la grosse de 1433.

Autres jalons militaires et historiques

Jalons évoqués sur la page source, dont les documents sont consultables aux archives :

  • La bataille de Morat : liste des participants et deux récits de la bataille.
  • Liste des comtes de Gruyères et historique du Comté.
  • 1639 : mariage d’un soldat suisse au Fort de Barraux (sous le règne de Louis XIV) à valider
  • 1742 : Estavannens durant la guerre de Sept Ans (succession d’Autriche).
  • 1787 : Estavannens et la fin du service mercenaire en France.
  • 1798 : Estavannens et l’invasion de la Suisse par l’armée française.
  • 1832 : Estavannens dans le dictionnaire du canton de Fribourg de F. Kuenlin.
  • Poids et mesures en vigueur dans la région avant l’introduction du système métrique par la Révolution française de 1789 (poids, longueurs, surfaces, volumes, etc.).
  • La mécanisation et la motorisation à Estavannens (avec une Jeep Willys du débarquement de Normandie).
  • La déclaration de la guerre de 1914, par Maurice Caille (1907-1997), texte en patois gruérien, traduction française par Jean Pharisa, Bulle (concours des patoisants gruériens 1993).
La bataille de Morat (1476), à laquelle participèrent des hommes de la région.
La bataille de Morat (1476), à laquelle participèrent des hommes de la région.
Soldats du 18ème siècle.
Soldats du 18ème siècle.
Jeep Willys du débarquement de Normandie, illustrant la motorisation du village.
Jeep Willys du débarquement de Normandie, illustrant la motorisation du village.
Poids et mesures en vigueur avant l’introduction du système métrique.
Poids et mesures en vigueur avant l’introduction du système métrique.
Soldat suisse en 1914.
Soldat suisse en 1914.

Chapitre II · § 2

Le gros « vouêrnyo » abattu en 1940 : la quinzaine de bûcherons pose derrière l’énorme bille de sapin blanc.
Le gros « vouêrnyo » abattu en 1940 : la quinzaine de bûcherons pose derrière l’énorme bille de sapin blanc.

Le gros « vouêrnyo » du Pyan di bàjè

Le gros « vouêrnyo » (sapin blanc) dou Pyan di bàjè (du plan des bouses) a été abattu en 1940. Profitant de l’absence du chef-forestier, la quinzaine de bûcherons l’a fait rouler dans la forte pente. La bille (intransportable) est arrivée jusqu’à la laiterie, fracassant au passage la croix des « Gotè ».

Sur la photo, de droite à gauche : Jean Jaquet, chef forestier (1891-1966) ; Clément Jaquet, futur chef forestier (1911-1985) ; Eugène Jaquet, feu Émile (1910-1989) ; Alexis Pharisa, dit Yaggi (1893-1960) ; Roger Magnin, feu Alfred (1924-1981) ; Pascal Pharisa, feu Jean de la Scie (1918-1987) ; Oscar Pharisa, père d’Armand et de Pierre (1889-1962).

Joseph Magnin (08.08.1907 - 27.01.1982)

En 1943, un garde-chasse lui tire deux coups de fusil dans le dos lors d’une sortie de braconnage.

Jean Joseph Jaquet, d’Estavannens

Il fut curé de Neirivue durant 52 ans (son testament et sa généalogie sont conservés).

Joseph Magnin (1907-1982), blessé par un garde-chasse en 1943 lors d’une sortie de braconnage.
Joseph Magnin (1907-1982), blessé par un garde-chasse en 1943 lors d’une sortie de braconnage.

Une forte tête : Joseph Jaquet (1822-1900)

Conseiller d’État et conseiller national. Son testament original (chez Gérald Jaquet, à Estavannens) comporte 5 pages manuscrites A4 ; la retranscription par Jean Pharisa en compte 3. Il a écrit « Les souvenirs d’un gruyérien » (1822-1871) en 4 volumes :

  • Volume 1, première partie (années 1822 à 1857, 50 pages) : la vie à Paris de 1822 à 1830, le retour à Estavannens en 1830, les écoles militaires, une excursion en Valais, la guerre du Sonderbund, greffier au tribunal de la Gruyère, les élections de 1847 et les insurrections de 1848, les chemins de l’exil (Italie, Autriche, Allemagne), le retour en Suisse, l’assemblée de Posieux, l’arrestation, les guets-apens, l’imposition des insurgés de 1848.
  • Volume 1, seconde partie (années 1857 à 1860, 45 pages) : la pétition des insurgés au Grand Conseil, les élections de 1853, les bagarres entre radicaux et conservateurs, la plainte des conservateurs aux Chambres fédérales, les études de droit, la carrière militaire, l’internement des « bourbakis » à valider, le mariage et le voyage de noces, les élections de 1856 avec la victoire conservatrice, les personnages gruériens importants, la transformation politique, la nomination comme notaire et avocat, les nouvelles études à Berlin en 1860.

Un « Historique sur Estavannens » a aussi été rédigé par Clément Fontaine, instituteur à Hauteville puis à Villars-sous-Mont (pages 43-52), complété d’un extrait des volumes 2 et 3 des « Souvenirs d’un gruyérien » (pages 53-56).

Nomenclature des personnalités

Listes détaillées disponibles dans les archives du site : syndics, secrétaires, boursiers et conseillers communaux ; conseillers de paroisse, caissiers, secrétaires et commissions ; pintiers et aubergistes ; officiers d’état civil, postiers et notables ; curés desservants ; écoles et enseignants.

Cécile Conus, secrétaire communale, part à la retraite

Lors de l’assemblée communale du 29 janvier 2008, M. le Syndic a annoncé le départ à la retraite de Mme Cécile Conus, après 30 ans de bons et loyaux services : au service de la commune d’Estavannens du 1er janvier 1978 au 31 décembre 2003, puis de la commune de Bas-Intyamon dès le 1er janvier 2004. Son départ en retraite est intervenu le 29 février 2008 ; c’est la dernière fois qu’elle officia en sa qualité de secrétaire au procès-verbal de l’assemblée communale. Très émue, elle reçut un magnifique bouquet de fleurs des mains de M. le Syndic, sous les applaudissements de l’assemblée.

Cécile Conus, secrétaire communale de 1978 à 2008.
Cécile Conus, secrétaire communale de 1978 à 2008.

Chapitre II · § 3

La disparition progressive des métiers et commerces du village au XXe siècle.

En 1940, seules deux personnes travaillaient à l’extérieur du village : Irénée Blanc, à la chocolaterie de Broc, et François Grandjean, père de Calybite, sur la voie de chemin de fer. Toute la population était occupée dans le village, principalement dans le secteur primaire.

  • Dans les années 1965-70, Anselme Caille cesse son activité de cordonnier.
  • Le 16 juin 1970, Casimir Jaquet, né le 3 janvier 1895, décède à l’âge de 75 ans. Il n’y a plus de charron au village.
  • Le 6 juillet 1986, Maurice Jaquet, né le 21 avril 1916, décède à l’âge de 70 ans. Il n’y a plus de sellier au village.
  • Le 7 août 1987, Roger Jaquet, né le 1er février 1935, décède à l’âge de 52 ans. Il n’y a plus de boulanger au village.
  • Le 11 septembre 1991, Louis Pharisa, né le 13 juillet 1909, décède à l’âge de 82 ans. Il n’y a plus de menuisier-charpentier au village.

Notez que ces cinq personnages ont travaillé jusqu’à leur dernier jour…

  • En 1954, Édith Magnin quitte le village pour Genève. Elle cède son magasin d’alimentation, situé au coin de la scie, à Denise Jaquet-Pharisa, qui l’exploitera durant 6 ans, jusqu’à son transfert au centre du village.
  • En 1976, Denise Jaquet-Pharisa ferme son magasin d’alimentation, situé près du café des Montagnards. Ouvert en 1959, il a été exploité durant près de 18 ans.
  • En 1980, Marthe Caille-Pharisa ferme son magasin d’alimentation situé au village d’en-haut, après 47 ans d’activité, c’est-à-dire depuis 1933.
  • En juillet 2001, la Poste Suisse ferme le bureau postal du village, rattaché à celui de Grandvillard, dépendant lui-même d’Albeuve. Bernard Favre, dernier buraliste d’Estavannens, devient responsable de la filiale de Grandvillard. Suite à la réorganisation de La Poste en 2009, le bureau est heureusement maintenu.
  • En décembre 2009, Marie-Thérèse Jaquet, au fond du village d’en-bas, ferme son commerce. Il n’y a plus de magasin d’alimentation au village.

Fondation de la commune de Bas-Intyamon

Le 11 septembre 2003, les citoyens des communes d’Estavannens, d’Enney et de Villars-sous-Mont ont décidé, lors d’assemblées séparées, de fusionner en une seule commune. Cette nouvelle commune a vu le jour le 1er janvier 2004 et a pris le nom de commune de Bas-Intyamon. Ses armoiries : « de gueules à la grue au vol dressé d’argent, passant sur un mont de trois copeaux du même, accostée de deux épées d’argent garnies d’or, la pointe en chef ». Les deux épées évoquent les deux héros de Villars-sous-Mont, Claremboz et Bras-de-Fer, qui s’illustrèrent en 1349 dans une bataille en forêt de Sauthaux.

Armoiries de la commune de Bas-Intyamon, née le 1er janvier 2004 de la fusion d’Estavannens, Enney et Villars-sous-Mont.
Armoiries de la commune de Bas-Intyamon, née le 1er janvier 2004 de la fusion d’Estavannens, Enney et Villars-sous-Mont.

Les célébrations de la « Poya d’Estavannens »

  • le 6 mai 1956 ;
  • le 15 mai 1960 ;
  • le 15 mai 1966 ;
  • le 9 mai 1976 ;
  • les 6 et 7 mai 1989 (Raymond Gremaud) ;
  • les 12, 13 et 14 mai 2000 (Raymond Gremaud) ;
  • les 9, 10, 11 et 12 mai 2013 (Edgar Schorderet).

Chapitre II · § 4

Résultat des recherches de Jean Pharisa auprès du Musée gruérien et du journal « La Gruyère » : deux à quatre visites par semaine (2 heures par visite) du 8 avril 2003 au 1er mai 2004, soit 9 visites à « La Gruyère » et 193 visites au Musée gruérien — quelque 404 heures de lecture, de relevés de textes et de photographies de documents (sans compter le transfert sur le site).

PériodeLa GruyèreLe FribourgeoisFeuille d’Avis de Bulle / La LibertéVolume
1868-1930complet jusqu’en 1930complet jusqu’en 1930Feuille d’Avis de Bulle : complet jusqu’en 193013 pages
1931-1950complet jusqu’en 1950complet jusqu’en 1950Feuille d’Avis de Bulle : complet jusqu’en 195017 pages
1951-1970complet jusqu’en 1970complet jusqu’en 1970Feuille d’Avis de Bulle : complet jusqu’en 196819 pages
1971-2003complet jusqu’en 2003complet jusqu’en 1976La Liberté : complet jusqu’en 20035 pages

S’y ajoutent la Chronique historique de Bas-Intyamon 2004-2010 (7 pages) et la Chronique historique d’Estavannens à partir du 1er janvier 2011 (2 pages).

Chapitre II · § 5

L’émission de la Radio suisse romande enregistrée au village le 22 décembre 1983, présentée par Michel Dénériaz.

Le 22 décembre 2014, Jean Pharisa a publié deux fichiers MP3 réalisés à partir d’une cassette audio enregistrée exactement 31 ans plus tôt, jour pour jour : le 22 décembre 1983, la Radio suisse romande enregistrait l’émission « Fête comme chez vous », présentée par le célèbre animateur Michel Dénériaz (28.02.1928 - 16.01.1999). L’émission n’a pas pu être complètement compilée, la capacité de la cassette n’étant que de 90 minutes. Les deux enregistrements durent 46 minutes chacun.

« Écoutez les voix de quelques personnes du village, dont certaines aujourd’hui se sont tues à jamais. »
Jean-Jean

Les deux fichiers MP3 de l’émission (2 × 46 minutes) sont référencés sur le site source mais n’ont pas encore été récupérés pour cette maquette.

Michel Dénériaz (1928-1999), animateur de « Fête comme chez vous ».
Michel Dénériaz (1928-1999), animateur de « Fête comme chez vous ».
Personnes vivantes en conversation ou nommément citéesÂges au moment de l’enregistrement, le 22 décembre 1983
PersonneÂge en 1983
Béat Jaquet28 ans
Raphaël Jaquet34 ans
Monique Pugin20 ans
Gérald Jaquet38 ans
Fernand Jaquet37 ans
Edmond Caille42 ans
Valentin Blanc1 jour
Jean-Pierre Caille38 ans
Gertrude Jaquet36 ans
Cécile Conus37 ans
Amédée Jaquet32 ans
Denis Aebischer21 ans
Catherine Fey… ans à valider
Personnes décédées depuisÂges en 1983
PersonneÂge en 1983
Marcel Pharisa90 ans
Maurice Caille76 ans
Xavier Jaquet74 ans
Père Edmond Caille OP72 ans
Paul Seiler71 ans
Oscar Moret71 ans
Joseph Caille69 ans
Thérèse Jaquet68 ans
Abbé Gilbert Pythoud64 ans
Jean Caille62 ans
André Caille53 ans
Père Hermann Oberson49 ans
Émile Jaquet38 ans
Marcel Pharisa (1893-1985), 90 ans lors de l’enregistrement de 1983
Marcel Pharisa (1893-1985), 90 ans lors de l’enregistrement de 1983
Maurice Caille (1907-1997)
Maurice Caille (1907-1997)
Xavier Jaquet
Xavier Jaquet
Le père dominicain Edmond Caille
Le père dominicain Edmond Caille
Paul Seiler, né en 1912
Paul Seiler, né en 1912
Le compositeur Oscar Moret
Le compositeur Oscar Moret
Joseph Caille, syndic
Joseph Caille, syndic
Thérèse Jaquet, feu Charles
Thérèse Jaquet, feu Charles
L’abbé Gilbert Pythoud
L’abbé Gilbert Pythoud
Jean Caille (1921-2005)
Jean Caille (1921-2005)
André Caille à l’accordéon
André Caille à l’accordéon
Le père Hermann Oberson
Le père Hermann Oberson
Émile Jaquet (1945-2004), photographié en 2003
Émile Jaquet (1945-2004), photographié en 2003

Les autres dossiers de la page « Historique »

La page « Historique » donnait aussi accès à d’autres dossiers : les soldats de l’Intyamon dans les armées de Napoléon (Révolution française et retraite de Russie de la Grande Armée) ; la notice historique de Grandvillard par J. Hubert Thorin (1878, 98 pages, scannée par Guy Borcard et mise en ligne le 19 février 2018) ; « Les chroniques scandaleuses » de Rodolphe Bochud, curé de Neirivue (16.04.1856 - 06.04.1944), sur les luttes politiques entre le parti conservateur et le parti radical — 6 cahiers couvrant 1892 à 1914 (élection d’un député : Musy ou Progin ? ; après l’élection Progin ; les deux chapelles ; les élections de 1896 et considérations ; réflexions diverses), avec les figures de Maurice Progin, rédacteur du « Fribourgeois » (05.01.1847 - 02.06.1909), François-Xavier Dumas, curé doyen d’Albeuve (10.12.1845 - 22.02.1903) et Georges Python, directeur de l’Instruction publique (10.09.1856 - 10.01.1927) ; ainsi que l’histoire des chemins de fer en Gruyère (construction du CBM à travers Neirivue).

Rodolphe Bochud (1856-1944), curé de Neirivue, auteur des « chroniques scandaleuses »
Rodolphe Bochud (1856-1944), curé de Neirivue, auteur des « chroniques scandaleuses »
Maurice Progin (1847-1909), rédacteur du « Fribourgeois »
Maurice Progin (1847-1909), rédacteur du « Fribourgeois »
François-Xavier Dumas (1845-1903), curé doyen d’Albeuve
François-Xavier Dumas (1845-1903), curé doyen d’Albeuve
Georges Python (1856-1927), directeur de l’Instruction publique
Georges Python (1856-1927), directeur de l’Instruction publique
Locomotive du CBM : la construction du chemin de fer à travers Neirivue.
Locomotive du CBM : la construction du chemin de fer à travers Neirivue.
La Bérézina : les soldats de l’Intyamon dans les armées de Napoléon.
La Bérézina : les soldats de l’Intyamon dans les armées de Napoléon.
« Je ne sais pas quelles armes seront utilisées pour la 3ème guerre mondiale, mais je sais en tout cas que pour la 4ème guerre mondiale, nous utiliserons des flèches, des frondes et des cailloux. »
Citation attribuée à Albert Einstein, en exergue de la page source

Chapitre II · § 6

L’avalanche des Chaux du 17 janvier 1843. Le récit complet figurait sur le site source dans un document accessible en cliquant sur l’image de la chapelle.

Le texte du récit n’a pas encore été repris dans cette maquette : il reste à intégrer depuis le document lié du site source.

La chapelle liée au souvenir de l’avalanche des Chaux du 17 janvier 1843.
La chapelle liée au souvenir de l’avalanche des Chaux du 17 janvier 1843.

Chapitre II · § 7

« Mon pye bi Tsalandè » — le plus beau Noël de l’abbé Bernard et de son frère Gaby, une histoire vécue de Gaby Dzatyè (Jaquet) d’Estavannens, contée par « Nono Purro », publiée dans « La Gruyère » du samedi 17 décembre 2011 et lue en patois par Anne-Marie Yerly.

« Tsalandè » — le récit en patois gruérien

Enregistrement qui accompagnait la page d’origine

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En résumé (contexte donné par la source) : en décembre 1942, une compagnie de tringlots faisait sa relève à Estavannens. Les enfants du village faisaient des courses pour les soldats contre quelques centimes. Bernard et Gaby économisèrent cet argent pour acheter des boules de Noël à Bulle, où une commerçante, touchée par ces « pauvres diables » venus à pied, leur en fit cadeau. Sur le chemin du retour, le traîneau militaire qui les ramenait versa dans un contour et les boules furent brisées. Quelques jours plus tard, les soldats frappèrent à la porte familiale avec du fromage, du pain, des « tyolè », du chocolat et un nouveau carton de boules : « Ce fut mon plus beau Noël. »

Lire le texte intégral en patois gruérien« Mon pye bi Tsalandè », conté par « Nono Purro »

L’è Nono Purro ke no kontè... Oun’ichtouâre de Gabi Dzatyè d’Èthavanin ke l’a vèku li mimo.

No chin ou mi dè dèthanbre mile nouthin karantê dou. Totè le frontêrè chon kotâyè du le trèdzè dou mi d’où. Le gran Reich kontrolè ouna grôcha partya dè l’Europe, ma du kotyètin, le j’aleman chon mô pyantâ de la pâ de Stalingrad.

Vêre no, a Èthavanin li avè ouna konpanyi dè tringlô ke fajê cha relève. No lè j’infan, no j’iran to benéje pachke di kou lè chudâ no j’invouyivan a la boutika atsetâ dou taba, dou vin, è po no rèmarhyâ no bayivan dutrè thantimè. Mon frârè Bêrnâr è me, no j’avan dèchidâ dè vouêrdâ chi l’êrdzin por atsetâ di bôlè po nouthron tsalandè. Pêchke no j’avan tyè di pevô ke no j’inbortoyivan din dou papè d’inthin. On dedzà, chin rigenâ, no chin modâ a Bulo, no chin rintrâ din on magajin, no j’an mothrâ nouthra mounêya, è no j’an de k’avui chin, no j’âmèran di bôlè po Tsalandè. La charvinta no j’a fê di grô j’yè, l’è jou tsartchi la patrena. Ha dama no j’a de : « Vo vinyidè du yô ? » Du Èthavanin. « Vo j’ithè viniyê kemin ? » À pi ! « Vouthrè parin fan tyiè ? » Nouthron chènia l’è i frontêrè è nouthra dona ch’okupè de no. L’a bin yu ke no j’iran di pouro dyâbyo. « Bon, atindè ouna vouêrbèta. » Apri on momin l’è arouvâye avu on karton de bôlè è no j’a de : « Vo j’ithè di bouébo bin dèboubenâ, vo féjo kadô dè hou bôlè è vo bayirè vouthr’n’ardzin a vouthra dona por atsetâ dou pan. » No l’an rèmarhyâye. No j’iran tan kontin ke no j’aran amâ l’inbranchi, ma no j’an pâ oujâ.

Moujâdè, chi karton irè na fortena por no. Chu le tsemin dou retoua, di chudâ in trinô no dèvanthon. Yon no j’a rèkonyu, ch’arithè è no di : « Vo j’ithè di j’infan d’Èthavanin, ma tyè ke vo fédè pêr inke, l’è diora mâr-né, vinyidè déchu ! » No, to benéje avui nouthra fortena dèjo le bré, no chin monta. Tyin pyéji dè rintrâ in trinô, l’i avi na bala leka, lè tsavô alâvan rido ; ma, pè mâlà, din on kontoua, nouthron trinô l’a vêchâ è nouthron karton dè bôlè inmèrdiyi... No piorâvan !

Lè chudâ no j’an de : « Portyè vo piorâdè, vo ji rin de frèjâ. » Adon, no j’an kontâ chin ke no j’è arouvâ è ke no j’arin rin de bôlè po Tsalandè. Lè chudâ l’an dèvejâ intrè là è yon no j’a de : « Fédè-vo pâ de pochyin, no j’arandzèrin chin. » Arouvâ a la méjon, to penô, nouthra dona no j’a demandà portyè no j’iran kapo. No li an kontâ nouthrè mijérè. No j’a de : « Vo j’ithè in ya, l’è le princhipal. »

Dutrè dzoua apri kôkon tapé a la pouârta, ma dona va ourâ ; irè di chudâ : « Bondzoua madama ! No chin pâ Chin Nikolé ma no vo j’apouârtin ôtyè po Tsalandè po no fére a pardenâ di fregâtsè ke no j’an fê avui vouthrè bouébo ! »

L’i avè on grô mochi de fre, dou pan, di tyolè, dou chokolâ è on karton de bôlè. Ma dona l’où j’a fê ouna tacha de vin tsô, è no, no chavan pâ tyè dre po le rèmarhyâ. A la vèya no j’iran i j’andzè dè povê agiyi lè bôlè ou bochon ; avui la hyêrtâ de la lanpa a pètrol, le bôlè hyirivan kemin di j’èthêlè din la yê. Chin l’jou mon pye bi Tsalandè.

Sur le site source, la lecture du texte en français par Anne-Marie Yerly était accessible via le logo du journal « La Gruyère » ; ce fichier audio n’a pas encore été récupéré pour cette maquette.

Logo du journal « La Gruyère », qui publia le récit le 17 décembre 2011.
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Chapitre II · § 8

Un inventaire commenté des documents conservés par la commune : procès-verbaux paroissiaux, cadastre de 1872, registres scolaires, caisse d’épargne et parchemins du XVIIIe siècle.

Plan cadastral ancien d’Estavannens (2e partie).
Plan cadastral ancien d’Estavannens (2e partie).

Procès-verbaux des assemblées paroissiales de 1891 à 1922

25 pages d’un cahier d’école. La plupart des comptes-rendus sont rédigés ainsi :

  • 3 janvier 1891(présidence de M. Léon Jaquet) : on a nommé François Caille, feu Jean, comme gouverneur d’église et Joseph Jaquet, feu Alexandre, pour porter le petit dais les 3èmes dimanches.
  • 13 septembre 1891Constant Jaquet, avec 13 voix sur 23, est élu conseiller paroissial en remplacement de Placide Pharisa (1827), fils de Jean Nicolas, démissionnaire.
  • 5 janvier 1896discussion sur un projet de bâtisse d’une nouvelle cure ou la réparation de l’ancienne. On décide à l’unanimité (par 38 voix) d’en bâtir une neuve, considérant que le coût de la réparation est à peu près égal à celui de la neuve (on serait obligé de tout raser) et pour ne pas déloger l’ancien curé Jordan.
  • 27 octobre 1898on a nommé Joseph Pharisa, feu Claude, gouverneur d’église et porteur du petit dais en 1899.
  • 24 mars 1901nomination d’Irénée Pharisa, feu Jean Joseph Jovita, comme 5ème membre du conseil de paroisse.
  • 28 février 1903mise en application de l’article 296 de la loi du 26 mai 1879 sur les communes et paroisses — séparation des deux institutions. La commune faisant jusqu’ici face à toutes les dépenses de la paroisse (estimées à fr. 2’300.-), on lui demande la création d’un titre de 52’000.- avec intérêts à 4,5 %, payable par trimestre à partir du 1er janvier 1904. La commune continuera à fournir le bois nécessaire à l’entretien ou à la reconstruction des immeubles paroissiaux, ainsi que l’affouage de la cure.
  • 12 août 1904l’orgue étant tout à fait dérangé, on l’a fait examiner : le mécanisme est trop usé, déjà réparé plusieurs fois. « C’est perdre son argent que de lui faire de nouvelles réparations. » Malgré le manque d’argent, sans orgue les chantres ne sont pas disposés à aller chanter. On compte le payer par une vente de bois. En fin de séance, la décision d’en faire un neuf est acceptée à l’unanimité.
  • 25 juin 1916l’assemblée vote l’institution d’une messe matinale les dimanches et fêtes, toute l’année, en complément des trois messes fondées existantes. Une demande écrite est adressée à l’évêque, la commune prenant une part des frais à sa charge en attendant la constitution d’un fonds paroissial.
  • 5 novembre 1918pour tenir compte du renchérissement de la vie, le conseil de paroisse accorde à M. le curé une augmentation annuelle de fr. 100.-.
  • 12 mars 1920discussion sur l’agrandissement de l’église, « grandement insuffisante pour permettre une assistance régulière aux offices divins ». La commune prendrait en charge le tiers des frais, y compris la réparation du toit côté nord. Le projet de M. Broillet, architecte, comprend l’élargissement de l’église sur deux faces et donnerait un minimum de 100 places ; coût devisé à fr. 30’000.-, matériaux rendus à pied d’œuvre, travaux de préparation en corvées. Joseph Caille demande la construction d’une voûte compacte au lieu d’un plafond droit. Vote au bulletin secret : 51 votants, 43 « oui », 4 « non », 4 bulletins blancs ou nuls. La commission de bâtisse se compose du conseil communal, de Jean Pharisa feu Joseph (entrepreneur), de Joseph Caille feu Sylvère, de Joseph Jaquet feu Louis, d’Aloys Jaquet et de Placide Pharisa (1821), fils de Léon à valider

Budgets de la paroisse de 1898 à 1927

Un rouleau de 26 feuilles doubles au format 34 × 24 cm, ne contenant que les chiffres des budgets.

Plan de la commune, commissionné le 13.04.1872

Commissionné par A. Bise, commissaire — un rouleau de 20 feuilles au format 73 × 48 cm. Relevé des articles du cadastre (propriétés des familles Pharisa) :

Relevé du cadastre de 1872 — propriétés des familles Pharisa55 articles : folios, plans, lieux-dits, surfaces et propriétaires
FolioArt.Plan N°Lieu-dit / objetSurfacePropriétaire
165379Village d’Enbas, pré211 m²Émilie Pharisa, ffeu Nicolas Jaquet, femme de Joseph Pharisa, fils de Jean Nicolas
149490Village d’Enbas, logement n° 4899 m²Hoirie de Claude Pharisa
164219Pré236 m²Joseph Pharisa, fils de Jean Nicolas
164322Logement, grange, etc.361 m²Joseph Pharisa, fils de Jean Nicolas
164446Pré814 m²Joseph Pharisa, fils de Jean Nicolas
266211La Croix, n° 65, écurie et grange70 m²Mariette Pharisa, femme de Placide
267938Village d’Enhaut, n° 13, grange, écurie117 m²François Pharisa, fils de Pierre
266539Village d’Enhaut, n° 10, logement, grange, écurie, place360 m²Mariette Pharisa
266640Village d’Enhaut, pré801 m²Mariette Pharisa, femme de Placide
268045Village d’Enhaut, n° 16, logement162 m²François Pharisa, feu Pierre
268146Village d’Enhaut, jardin169 m²François Pharisa, feu Pierre
265465Fin des Clioules, pré6’561 m²Émilie Pharisa, feu Nicolas, femme de Joseph
266776Fin des Clioules, pré2’538 m²Mariette Pharisa, femme de Placide
265596Clos Rollier, pré2’556 m²Émilie Pharisa, femme de Joseph
467514La Gîte, pré20’682 m²Placide et Joseph Pharisa (chacun 1/4) et les hoirs du colonel Charles Caille (1/2)
466818Les Gottes, pré1’269 m²Mariette Pharisa, femme de Placide
667610Le Clos, jardin175 m²Placide et Jacques Pharisa, fils de Jean Nicolas
667416Les Rontes, n° 14, grange, écurie103 m²Jos. et Placide Pharisa, f. Jean Nicolas
664517Les Rontes, pré8’028 m²Joseph Pharisa, fils de Jean Nicolas
669227Le Clos, pré1’782 m²Les filles de feu Joseph Pharisa (?)
667728Le Clos, n° 39, logement, grange, écurie270 m²Placide et Jacques Pharisa
667829Le Clos, pré6’075 m²Placide et Jacques Pharisa, feu Jean Nicolas
669530Le Grand Clos, n° 160, grange, écurie126 m²Émilie Pharisa, femme de Joseph (1/2) et Sylvère Caille (1/2)
665631Le Grand Clos, pré6’408 m²Émilie Pharisa, femme de Joseph
668334Le Fey, pré909 m²Placide Pharisa, fils de Jean Nicolas
6684-68554-55Les Rontes, 2 prés16’110 m²Placide Pharisa, fils de Jean Nicolas
6646-64756-572 prés6’255 m²Joseph Pharisa, fils de Jean Nicolas
668658Les Rontes, place108 m²Placide Pharisa, fils de Jean Nicolas
76484La Fin, pré6’606 m²Joseph Pharisa, feu Jean Nicolas
766911La Fin, pré2’997 m²Mariette Pharisa, femme de Placide
769715Le Gros Clos, pré612 m²Charles Pharisa (1848), feu Nicolas
764930Praz Ferrand, pré1’611 m²Jean Joseph Pharisa, fils de Nicolas
769832Praz Ferrand, pré1’395 m²Charles Pharisa (1848), feu Nicolas
767334Praz Ferrand, pré821 m²Célidoine Pharisa (1827), fille de Nicolas
769941Le Gros Clos, n° 61, logement + grange, écurie115 m²Charles Pharisa, feu Nicolas
86875Dessous les Clioules, pré1’210 m²Placide Pharisa, fils de Jean Nicolas
869326Clos du Moulin, pré4’887 m²Placide Pharisa (les 4/10)
965017Les Auges d’Enbas, pré1’638 m²Joseph Pharisa, fils de Jean Nicolas
965718Les Auges Chevalley, pré4’077 m²Émilie Pharisa, femme de Joseph
970019Les Auges Chevalley, pré3’411 m²Charles Pharisa (1848), feu Nicolas
968826Les Auges Chevalley, pré3’348 m²Placide Pharisa, fils de Jean Nicolas
965130Les Auges Chevalley, pré3’690 m²Joseph Pharisa, fils de Jean Nicolas
1065824Les Rez, pré2’934 m²Émilie Pharisa, femme de Joseph
1065230Les Rez, pré9’756 m²Joseph Pharisa, fils de Jean Nicolas
1067046Les Tollâz, n° 104, grange, écurie106 m²Mariette Pharisa, femme de Placide
116599Le Truz, pré5’202 m²Émilie Pharisa, femme de Joseph
1168217Praz Coquille, Les Errouvins, pré693 m²François Pharisa (1817 ?), feu Pierre
126892Vers la Scie, hangar36 m²Placide Pharisa, feu Nicolas
126904Vers la Scie, n° 164, scierie126 m²Placide Pharisa + la commune
1369620La Leyteborcard, bois49’680 m²Placide Pharisa, fils de Nicolas (les 8/12)
1367257Les Gottes d’Amont, pré2’070 m²Mariette Pharisa, femme de Placide
166609Les Chaux, pré alpestre10’998 m²Placide, Joseph et Jacques Pharisa
1666115Les Chaux, pré alpestre22’500 m²Les mêmes, fils de Jean Nicolas
1067147Les Tollâz, pré220’081 m² à validerMariette Pharisa, femme de Placide
Plan cadastral ancien d’Estavannens (3e partie).
Plan cadastral ancien d’Estavannens (3e partie).
Plan cadastral ancien d’Estavannens (4e partie).
Plan cadastral ancien d’Estavannens (4e partie).

Taxes d’exemption du service militaire

(Loi du 26.06.1878.) Registre de 55 × 40 cm renfermant 56 noms au total : 14 Caille, 13 Jaquet, 11 Sudan, 7 Magnin, 4 Pharisa, 1 Grandjean, 1 Geinoz, 1 Romanens, 1 Morand, 1 Bussey, 1 Beaud et 1 Dessingy. Exemples :

  • N° 25 : Jean Charles Pharisa (?), fils de Jean Nicolas, domestique, né en 1859 — taxe payée pour 1879 : fr. 6.-.
  • N° 45 : Jean Charles Pharisa (?), fils de Jean Nicolas, agriculteur, né en 1859, apte au service militaire en 1882, domicilié dans le Jura bernois.
  • N° 36 : Léon François Pharisa, fils de Jean Jacques, commis, né en 1862, domicilié à Paris — taxe payée pour 1882 : -.--.
  • N° 61 : Jean Joseph Constant Pharisa, fils de Claude François, agriculteur, né en 1864 — taxes payées en 1884, 85, 86, 87 et 88 : fr. 6.- par année.

Autres registres conservés

Deux registres civiques de 1889 à 1970 ; un registre des bourgeois de 1867 à 1914 ; deux registres des habitants de 1811 à 1970 ; deux registres matricules de l’école d’Estavannens, de 1893 à 1941.

Registres matricules de l’école (1893-1941)

Ils contiennent toutes les notes scolaires de 349 élèves. Le premier cité est Joseph Jaquet, fils de Louis, né le 17 avril 1887 ; la dernière citée est Marguerite Magnin, fille d’Alfred, née le 2 novembre 1934.

École régionale de Gruyères

  • Georges Jaquet, fils de Louis, né le 24 décembre 1911
  • Jules Magnin, fils d’Alexandre, né le 24 juin 1912
  • Joseph Jaquet, fils de Charles, né le 15 octobre 1924
  • Irénée Pharisa, fils de Jean, né le 18 juillet 1915
  • Joseph Jaquet, fils d’Eugène, né le 22 décembre 1915
  • Firmin Jaquet, fils d’Alfred, né le 12 août 1916

École secondaire de Bulle

  • Joseph Jaquet, fils d’Amédée, né le 10 juillet 1893
  • Jean-Marie Jaquet, fils de Démétri, né le 2 janvier 1920
  • Jean Sudan, fils d’Alexandre, né le 3 février 1924
  • Gilbert Jaquet, fils de Casimir, né le 28 novembre 1927
  • Bernard Jaquet, fils d’Irénée, né le 29 novembre 1929
  • Paul Jaquet, fils de Démétri, né le 17 juin 1932

Le collège

  • Émile Pharisa, fils de Léon, né le 11 mars 1908
  • Étienne Jaquet, fils d’Aloys, né le 4 décembre 1908
  • Edmond Caille, fils de Jean, né le 24 mai 1911
  • Maurice Sudan, fils de Léon, né le 16 septembre 1923

État du bétail de quelques éleveurs (vaches), de 1837 à 1870 — document de 3 pages (fichier PDF sur le site source).

Caisse d’épargne d’Estavannens, fondée le 6 janvier 1873

35 déposants l’ont utilisée durant 18 ans ; la caisse a été supprimée en 1890. Le caissier-comptable a été Jean Joseph Jovita Pharisa (1824-1896), fils de Jean Nicolas. Chaque dépôt était fixé à un minimum de fr. 1.- et le même déposant ne pouvait avoir plus de fr. 2’000.- sur son compte. L’intérêt était fixé à 4 ½ %. Exemples de comptes :

DéposantMouvements
Irénée Pharisa (1868), fils de Joseph, âgé de 5 ans20.00 déposés en 1873 ; 5.00 déposés en 1874, 1876, 1877, 1878 et 1880 ; 4.83 d’intérêts pour 8 ans ; 29.83 remboursés le 31 octobre 1880
Élise Pharisa (1866), fille de Joseph, âgée de 7 ans10.00 déposés en 1873 ; 7.00 déposés en 1874, 1875, 1877 ; 3.30 d’intérêts pour 8 ans ; 20.30 remboursés le 14 août 1880
Madeleine Pharisa (1864), fille de Joseph, âgée de 9 ans20.00 déposés en 1873 ; 2.00 déposés en 1874 et 1880 ; 6.21 d’intérêts pour 8 ans ; 28.21 remboursés le 31 octobre 1880
Marie Pharisa (1862), fille de Joseph, âgée de 11 ans10.00 déposés en 1873 ; 8.00 déposés en 1874, 1876, 1877 et 1879 ; 3.92 d’intérêts pour 8 ans ; 21.92 remboursés le 14 août 1880
Léon Pharisa (1862), fils de Jean Jacques, âgé de 11 ans5.00 déposés en 1873 ; 60.00 en 1874 et 1875 ; 40.00 en 1876 ; 26.00 en 1877, 1878, 1882, 1883, 1884 et 1885 ; 50.69 d’intérêts pour 13 ans ; 15.00 prélevés le 15 mars 1881 ; 166.60 remboursés à fin 1885
Joseph Pharisa (1824), fils de Jean Nicolas, caissier de la caisse142.00 déposés et retirés en 1875
Louis Gérard, l’historien d’Estavannens500.00 déposés en 1881 ; 400.00 en 1882, 1883, 1884 et 1885 ; 49.58 d’intérêts pour 5 ans ; 900.00 retirés en 1881, 1882, 1884 et 1885 ; 49.58 d’intérêts retirés
Marie Émélie Pharisa (1866), épouse de Charles Rodolphe100.00 déposés en 1873 ; 28.00 en 1874, 1875, 1876, 1877 ; 16.63 d’intérêts pour 5 ans ; 144.63 remboursés le 10 février 1877 à valider

Sur ces 35 déposants, 4 avaient un avoir en compte de fr. 1.-, 2 un avoir inférieur à fr. 10.-. Les comptes les plus importants :

  • Les frères Sudan : avoir moyen de fr. 1’382.-
  • Élise Caille, fille de Jean : fr. 1’254.-
  • Cyprien Caille, fils de Jean : fr. 200.-
  • Pauline Raboud, feu Joseph : fr. 194.-
  • Florentine Caille, fille de Jean : fr. 125.-
  • Marie Jaquet, fille de Cyprien : fr. 106.-
  • Agathe Dessingy, feu André : fr. 106.-
  • Marie Fontaine, fille de Christophe : fr. 100.-
  • Bourse des pauvres, commune d’Estavannens : fr. 100.-

Un menuisier d’Estavannens à Villars-sur-Glâne

La notice historique de la paroisse de Villars-sur-Glâne, par Victor Buchs, relate la construction de la nouvelle église dès 1914, malgré le déclenchement de la guerre :

« Les travaux de maçonnerie furent adjugés à Joseph Clerc, entrepreneur à Villars, la charpente à Joseph Bodevin à Fribourg, la menuiserie à Joseph Pharisa à Estavannens, qui exécuta de main de maître les bancs, la tribune et surtout les remarquables colonnes torses qui la soutiennent. […] Sur les plans et dessins de l’architecte Frédéric Broillet, on confia l’exécution des deux autels latéraux à Joseph Pharisa, menuisier à Estavannens, dont le travail fait lors de la construction de l’église avait donné toute satisfaction. La consécration des deux autels eut lieu le 29 juin 1919. »

Comptes de la commune d’Estavannens

(Comptes des écoles et comptes des pauvres.) Écritures intéressantes relevées par périodes : 1870-1874 (4 pages), 1875-1899 (9 pages), 1900-1930 (13 pages), 1931-1960 (16 pages), 1961-1976 (10 pages).

Chapitre II · § 9

Extraits de divers documents sur parchemins et sur de très vieux papiers, contenus dans une caisse métallique des archives communales.

Il y a 40 documents sur parchemin, dont 7 en piteux état, eu égard aux dégâts causés par les souris ; sur d’autres, l’écriture a été altérée par le poids des âges. Il y a également 4 registres sur du vieux papier faisant état de difficultés de certains citoyens face à la commune : des commérages sans intérêt pour l’histoire. Tous les autres documents sur papier ont été photocopiés et rangés dans un classeur de 301 pages. Une liste (non complète) de ces documents a été dressée en 1879 par Louis Gérard, l’historien du village (5 pages, voir les archives paroissiales). L’orthographe des textes qui suivent a été respectée.

Supplique de citoyens d’Estavannens

(Document non daté, à placer quelques années avant 1670, année du décès de Jaques et Catherine Farisa.) Adressée « aux Hauts Puissants et Souverains Seigneurs » : les communiers demandent de revenir sur une sentence au sujet de Jaques Farisa, concernant la « prise allimentaire » de Catherine Farisa, sa sœur.

« …les communiers se sentant privés notablement, supplient très humblement vos Excellences vouloir reprendre begninement et gratieusement les mesmes faicts et considerer que le Corps de communauté selon la loi ne peut être capable d’aucune succession légitime ou obligation d’entretien. C’est aux parents les plus proches, soit Jaques Farisa, son frère, de subvenir… »

Ordre de la Chancellerie de Fribourg (28 mars 1747)

« Le Seigneur Baillif de Gruÿère au gouverneur d’Estavanens, salut ! » Il est ordonné à chaque commune de donner un état spécifique de tous les mendiants des deux sexes, par nom de baptême, de famille, lieu d’origine, âge, profession, durée d’habitation, et s’ils sont impotents ou en état de travailler — sous peine pour chaque commune d’être responsable de la fidélité de l’indication et d’avoir à charge ceux qui ne se trouveraient point indiqués. Un second ordre (avril 1747) défend à tous les mousquetaires du tirage au blanc de se servir de mèche ni de détente double, « sous paine de perdre leurs coups et d’être chattiés de 12 florins bons par chaque contravention ». Il est encore défendu d’acheter de la poudre hors du canton sous peine d’être châtié. Signé : Gachet, secrétaire ballival.

Règlement sur les naturalisations et tolérations (13 février 1753)

« L’advoyer Petit et Grand Conseil de la Republic de Frybourg » établit un règlement prescrivant des bornes convenables aux tolérations des étrangers. Touchant les naturalisations : défense à toutes bourgeoisies et communes de recevoir aucun étranger comme bourgeois, communier ou habitant perpétuel sans patente de naturalisation, pour laquelle il doit produire des attestations authentiques du lieu de sa naissance, de la régularité de sa conduite et de la suffisance de ses facultés ou du métier qu’il exerce. Tout étranger voulant se faire naturaliser doit d’abord trouver une bourgeoisie ou commune qui veuille le recevoir. Les déserteurs étrangers sont exclus par avance. Touchant les tolérations : défense générale de tolérer ou recevoir pour habitants des étrangers mariés ou chargés de femmes ou d’enfants ; s’ils venaient à prendre femme ou devenaient onéreux au public, on les obligerait à quitter le lieu « avec femmes et bagages », ainsi qu’ordonné le 10 juillet 1732. Signé : Dupraz, secrétaire ballival substitué.

Surpopulation étrangère (6 avril 1758)

L’avoyer et Conseil de Fribourg, constatant « l’exefsive quantité d’etrangers » introduits dans la capitale, dont beaucoup à charge du public à cause de leur pauvreté et de leurs nombreuses familles, ordonne de faire vider la capitale de cette « onnereuse quantité de personnes » d’ici la fin du mois de mai, et prévient les communes contre l’établissement de ces expulsés dans leur ressort. Signé : Dupraz, secrétaire baillival.

Demande à être reçu comme habitant à Estavannens

(Document non daté.) Pierre Joseph Pelissier, ayant la permission du Seigneur Bailli de Gruyère de travailler de son métier de récolteur de poix, de cordonnier et d’écofaix, prie la commune de le recevoir habitant avec sa famille. Il promet de payer le droit d’habitation, de faire les journées communales comme les communiers, offre à toutes les maisons la poix dont elles ont besoin, propose ses trois enfants pour garder les bêtes, promet de n’être à charge de personne et de sortir de la commune à la première plainte. Le commentaire du site source : « Et dire que 250 ans plus tard, on parle très sérieusement de la libre circulation des biens et des personnes dans toute l’Union européenne… »

Interdiction de récolter les noisettes avant le 7 septembre (11 août 1758)

Vu « les maux que ne produifsent que trop frequement les noisettes que, surtout les jeunes gens ont coutume de ramafser avant leur maturité », défense d’en cueillir avant le 7 septembre, sous le « bamps » (amende) de 10 florins bons, les pères et mères étant responsables de la conduite de leurs enfants. Signé : Dupraz, secrétaire baillival.

Circulation des pièces d’or, d’argent et d’autres monnaies (2 avril 1756)

Suite à un règlement de l’État de Zurich : défense, sous l’amende de cent écus blancs, de débiter, porter, changer ou recevoir de la monnaie d’Empire de quelque espèce que ce soit. Taxation des espèces (sous peine de confiscation) :

EspèceValeur
Louis d’or neufs et Charles d’or9 florins 30 creutzer
Pièces d’or au coin des comtes de Montfort et de Hohenzollernabsolument défendues
Louis d’or au soleil9 florins 20 creutzer
Louis d’or vieux et pistoles d’Espagne7 florins 30 creutzer
Ducats du poids d’une demi-pistole4 florins 10 creutzer
Mirlitons7 florins 20 creutzer
Gros écus neufs2 florins 17 creutzer et demi
Louis blancs2 florins 8 creutzer
Écus blancs en espèces2 florins

Alimentation en eau de particuliers (30 septembre 1760)

Un dimanche, la commune d’Estavannens, assemblée comme à l’ordinaire au sortir de la messe de paroisse par Claude François Farisa (60 ans), gouverneur de la commune, autorise les honnêtes Jean François Magnin et Jean François Caille et consorts à prendre de l’eau dans le « bornÿ » (borni : mot patois désignant un drain en sapin pour la canalisation des fontaines) existant du côté du vent (au sud) de la maison de Jacque de Seinsy, pour la conduire par des tuyaux près de la « delaise » (barrière) de la Fin. La commune leur laisse aussi les vieux tuyaux qui ne sont plus d’usage, à leurs frais, sans que la commune puisse être à charge directement ni indirectement. Signé : « Inssi et Jean François Caille, Inssi et Jean François Magnin ». (Claude François Farisa est décédé le 22 octobre 1780, à l’âge de 80 ans.)

Éducation de la jeunesse, école et catéchisme (24 janvier 1749)

« L’éducation de la jeunesse etant un des premiers devoirs de notre sainte religion et le fondement du bonneur d’un Etat », la Chancellerie de Fribourg ordonne :

  • Primo : dans tous les endroits sans maître d’école, se pourvoir de gens de bonne fame et conduite, examinés et attestés capables par les examinateurs établis par le Révérendissime Évêque.
  • Secundo : exclusion de ce service de tous les déserteurs, à l’exception de ceux ayant obtenu une patente de tolération ; les convertis ne sont admis qu’avec permission expresse du conseil privé, après examen à la cour épiscopale.
  • Tertio : les maîtres d’école accompagneront assidûment les enfants aux catéchismes, châtieront avec discrétion les absents sans cause légitime et, en cas de récidive, les rapporteront aux baillis ou bannerets, de même que les pères, mères et maîtres négligents.
  • Quarto : deux ou trois révérends curés ou vicaires par paroisse examineront aux Quatre-Temps les maîtres d’école et les enfants, assistés de deux ou trois hommes de probité comme sous-inspecteurs, qui s’informeront des mœurs et de la conduite des maîtres d’école et de l’assiduité des enfants.
  • Quinto: la même chose s’observera dans les anciennes terres par les inspecteurs, « ce que pour la cognaissance d’un chacun devra estre publié en chaire ».

Chapitre II · § 10

Les registres de la paroisse d’Estavannens, du premier baptême de 1615 aux confirmations du XXe siècle.

Confirmation à Estavannens le 2 mai 1939 : Mgr Marius Besson entouré du clergé et des notables du village.
Confirmation à Estavannens le 2 mai 1939 : Mgr Marius Besson entouré du clergé et des notables du village.

Statistique

L’autorisation de baptiser dans l’église d’Estavannens fut accordée en 1548. Auparavant, les baptêmes avaient lieu dans la paroisse-mère de Broc. Les premières inscriptions sont de l’année 1615 ; elles sont cependant irrégulièrement notées jusqu’en 1633 (aucune inscription de 1620 à 1633). La moyenne des naissances est de 5,5 par an. Le registre des décès date de 1647 ; la moyenne des décès est de 5 par an.

Les extentes de 1373 donnent une statistique approximative de la commune : elle comprenait 41 ménages. En 1432, le village d’en-haut (Village Damont) avait 13 maisons, 12 granges et 9 greniers ; le village d’en-bas (Village Davos) avait 14 maisons, 7 granges et 3 greniers. À cette date, les habitants payaient pour dîme : 11 coupes de froment, 9 coupes de fèves et 3 coupes d’orge. 28 propriétaires possédaient 209 vaches, soit 7,5 vaches par propriétaire.

NB : les registres de la paroisse de Broc n’ont pas encore été remis aux Archives de Fribourg ; pour les consulter, il faudrait s’adresser au curé de Broc — mais il n’y a de toute façon aucune inscription avant 1620.

Documents mis à disposition

Suite à une lettre du 18 février 2002, le conseil de paroisse — en particulier Gérard Jaquet, son dévoué président, et Benoît Caille, conseiller et archiviste — a mis à disposition les documents suivants :

  1. Liste des documents contenus dans un carton (en français), établie par Louis Gérard en 1874 à valider — 5 pages.
  2. Catalogue de la Confrérie du Saint-Rosaire : 1675-1859 (en latin) — petit carnet brun de 20 pages, format 20 × 7 cm, contenant 896 inscriptions.
  3. Registre de confirmation : 1663-1893 (en latin) — format 32 × 10 cm, 35 mm d’épaisseur, liste de 925 confirmands. Les « Pharisa » y sont cités 46 fois comme confirmands et 46 fois comme parrains ou marraines.
  4. Registre des naissances, mariages et décès : autour de 1830 (en latin) — format 21 × 16 cm, 30 mm d’épaisseur, inutilisable pour le site.
  5. Registre des baptêmes : 1760-1900 (en latin) — format 21 × 16 cm, 25 mm d’épaisseur (dépouillement : 41 pages).
  6. Registre des mariages : 1641-1829 (en latin) — format 32 × 10 cm, 40 mm d’épaisseur.
  7. Registre des mariages : 1824-1901 (en latin) — format 35 × 20 cm, 25 mm d’épaisseur.
  8. Registre des mariages : 1851-1981 (en latin) — format 43 × 29 cm, 25 mm d’épaisseur (ensemble des mariages 1641-1998 : 45 pages).
  9. Registre des décès : 1647-1830 (en latin) — format 32 × 10 cm, 30 mm d’épaisseur (dépouillement : 16 pages ; les décès à partir de 1830 : voir archives communales).
  10. Registre récapitulatif des naissances, mariages et décès (en français). Le dépouillement, la traduction du latin et la mise en tableau ont été effectués par Thérèse Jaquet, épouse de Zegre-Sauvain, dont le grand-père Alexis Jaquet, fils de Joseph Baltazar Jaquet et de Marie Philomène Pasquier, était originaire d’Estavannens. Fait à Saint-Germain-lès-Arpajon (France) en 1995.

Le curé Chassot et ses ouailles (1816)

Les relations entre le curé de la paroisse et ses ouailles n’étaient pas toujours au beau fixe, à en juger par cette note rédigée en français par le curé Chassot, le 12 septembre 1816, sur la page de garde du registre des mariages commencé en 1641 :

« Pour Messieurs mes successeurs. L’an 1816, le 12 septembre, Monseigneur Pierre Tobie, évêque de Lausanne, fit sa visite pastorale à Estavannens. » Le dimanche précédent, le sieur Jean Joseph Caille, dit « es jurés », s’était rendu à la cure pour convenir avec le curé du dîner de Sa Grandeur, pour le prix de 4 louis d’or et 4 pots de Senesses, payables par la paroisse (sans compter les 4 écus dus par chaque paroisse à Monseigneur l’Évêque, ni la paye du conseiller et la nourriture des chevaux). Le jour de la réception, six « prétendus députés », ayant mis de côté l’honnête Caille, se présentèrent à la cure avec « une pancarte remplie d’invectives injurieuses et infamantes contre le curé », demandant de rabattre de la convention pour le traitement du curé, sous menace de porter les injures à Sa Grandeur. « Le curé leur répondit : puisque vous êtes les maîtres, prenez tout. Et les 6 députés (le curé accompagnant l’Évêque jusqu’à Gruyères) ont dévasté le dessert en restant à table jusqu’au soir et emporté ce qu’ils n’ont pu boire et manger. Par ce fait, le curé a connu sa Paroisse et peut dire à Messieurs ses successeurs : ne vous fiez à personne ; après avoir été comblés de bienfaits, on vous jette la pierre. »

Premier essai de création d’un état civil dans le canton de Fribourg (1852)

Le curé desservant d’Estavannens, requis de remettre aux fonctionnaires civils les registres de baptêmes, mariages et décès de sa paroisse, déclara « ne faire la remise exigée qu’en cédant à la force », accompagnant l’acte de toutes ses protestations pour le maintien des principes catholiques et des droits de l’Église. Il remit :

  • a) le registre des baptêmes du 20.04.1760 au 1er octobre 1850 ;
  • b) le registre des mariages du 20.01.1763 à valider au 1er octobre 1850 ;
  • c) le registre des décès du 03.04.1760 au 1er octobre 1850.

La remise fut faite à M. François Chevaley, syndic d’Estavannens, délégué par le pouvoir civil, en présence de M. Joseph Paradis, de La Roche, et de M. Jean Favre, de Broc, le 16 juin 1852. Signé : Chollet, curé. Quelques années plus tard, ces trois documents retournèrent auprès du curé de la paroisse. Lors de l’acceptation par le peuple de la Constitution fédérale de 1874, l’état civil a été créé : à partir de 1876, le curé a continué de tenir les trois registres, tandis que le premier officier d’état civil de la commune, l’instituteur Jean-Jacques Baudère, commençait la tenue des registres de l’état civil. La passation s’est alors nettement mieux passée.

Confirmation à Estavannens, le 2 mai 1939

De gauche à droite :

  • Charles à Constant, secrétaire communal et conseiller paroissial (30.03.1873 - 24.04.1952)
  • ? (personne non identifiée)
  • Mgr Marius Besson (décédé en 1945 et remplacé par Mgr Charrière)
  • son chancelier ?
  • Marcel Pharisa, feu Léon (15.05.1893 - 14.02.1985)
  • le curé du village : Bernardin Kolly (10.08.1894 - 02.11.1974)
  • Jean Sudan, célibataire, ancien forestier (30.07.1899 - 26.04.1965)

Confirmation à Estavannens, le 13 mai 1946

(Les 8 contemporains et contemporaines de 1939 font partie des confirmands.)

  • derrière le servant de messe (Francis à Marie Barras) : Henri Clerc, instituteur
  • Mgr François Charrière, prédécesseur de Mgr Mamie
  • à sa gauche, avec lunettes : abbé Amédée Jaquet (1893 - 28.09.1947)
  • à sa gauche, mains jointes : le curé Vital Tâche (26.02.1877 - 31.08.1960), curé du village de 1946 jusqu’au 01.02.1956.
Confirmation du 13 mai 1946, avec Mgr François Charrière, l’abbé Amédée Jaquet et le curé Vital Tâche.
Confirmation du 13 mai 1946, avec Mgr François Charrière, l’abbé Amédée Jaquet et le curé Vital Tâche.

Chapitre II · § 11

Les registres paroissiaux conservés aux Archives de l’État de Fribourg et des exemples d’actes traduits du latin.

CoteRegistrePériode
RP 672Registre des naissancesdu 20.10.1850 au 05.12.1875
RP 673Registre des mariagesdu 18.11.1851 au 22.11.1875
RP 674Registre des décèsdu 05.09.1850 au 07.12.1875
RP 44Registre des baptêmes et naissances (sur microfilms)du 15.12.1615 au 27.08.1829

Les originaux sont rédigés en latin par les curés desservants. Le site source propose une traduction des mots et expressions latins des registres paroissiaux (les nombres, lexiques A-D, D-I, I-N, O-S, S-V) ainsi que des textes divers latin-français pour les baptêmes, mariages et décès.

Acte de baptême original en latin (registre paroissial).
Acte de baptême original en latin (registre paroissial).
Exemples d’actes de baptême (traductions)

Joseph Désiré Sudan

« L’année mille huit cent quatre-vingt-quatre (1884), le 3 octobre, à 11 heures et demie du matin est né, et le jour suivant a été inscrit par moi en l’église Saint-Théodule de Gruyères et a été baptisé Joseph Désiré, fils légitime de Jean Joseph Lucien Sudan, d’Estavannens, et de Marie Marguerite Euphrasie, née Gremion, de Gruyères, son épouse, habitant à Épagny, paroisse de Gruyères. Le parrain fut Désiré Sudan, d’Estavannens, et la marraine fut Marie Gremion, de Gruyères. Signé : L. Castella, curé. »

Dans la marge : Joseph Désiré a épousé le 20 septembre 1909 Louise Bussard, de Gruyères.

Marie Ida Jaquet

« L’année 1884, le 17 octobre, à 11 heures du soir, est née et le lendemain a été baptisée par R. P. Deferrard, chanoine, dans l’église Saint-Théodule de Gruyères, Marie Ida, fille légitime de Jean Placide Jaquet, d’Estavannens, et d’Anne Louise, née Castella, de Gruyères, son épouse, habitant au Pâquier, paroisse de Gruyères. Le parrain fut R.D. Laurent Castella, curé de Gruyères. La marraine fut Catherine Castella, les deux de Gruyères. Signé : L. Castella, curé. »

Exemples d’actes de décès (traductions)

N° 2 - Geinoz Pierre Joseph

« L’année mille huit cent septante-neuf (1879), le 25 mai à sept heures du soir, est décédé, muni des sacrements, et le 27 du même mois a été enterré Pierre Joseph Geinoz, de Neirivue, veuf de Marie Marthe Pythoud, de Neirivue, né à Neirivue le 14 mai 1801. Signé : Joseph Jaquet, curé de Neirivue (originaire d’Estavannens). »

N° 3 - Geinoz Joseph Alexandre

« L’année 1879, le 30 juin, à dix heures du matin, est décédé, muni des sacrements, et le 2 juillet a été enterré Joseph Alexandre Geinoz, de Neirivue, époux de Marie Françoise Aloysia Menoud, de Sommentier, né à Neirivue le 1er juillet 1829. Signé : Joseph Jaquet, curé de Neirivue. »

N° 4 - Geinoz Constantin François à valider

« L’année 1879, le 16 octobre, à cinq heures du matin, est décédé et le 17 du même mois a été enterré Constant François Geinoz, fils légitime de Pierre Théophile Geinoz et d’Anastasie Virginie, née Grangier, de Neirivue, né à Neirivue le 2 octobre 1899. Signé : Joseph Jaquet, curé de Neirivue. »

Exemples d’actes de mariage (traductions)

Geinoz Jacques Félicien et Marie Adélaïde Pernet

« L’année mille neuf cent neuf (1909), le 4 mai, après publication des bans avec une dispense pour les deux autres formalités civiles, par moi en l’église paroissiale Saint-François, à Neirivue, ont été unis par le légitime mariage Jacques Félicien, fils légitime de feu Jean François Geinoz, de Neirivue, et de Marie Françoise Madeleine, née Jaquet, d’Estavannens, né à Neirivue le 4 novembre 1858, d’une part, et Marie Adélaïde, fille légitime de feu François Pernet, de Montbovon, et d’Appolonie, née Philipona, de Vuippens, née à Montbovon le 6 novembre 1883, d’autre part. Les témoins présents furent Émile Geinoz et Constant Geinoz, les deux de Neirivue. Signé : Rodolphe Bochud, curé. Visé le 31 mai 1909, par mandat : H. Python. »

Ayer Émile Louis et Joséphine Louise Geinoz

« L’année 1909, le 9 août, après publication des bans avec une dispense pour les deux autres formalités civiles, par moi en l’église paroissiale Saint-François, à Neirivue, ont été unis par le légitime mariage Émile Louis, fils légitime de Jules Ayer, de Sorens, et de Virginie, née Corsier, né le 20 mars 1883 (lieu non précisé), habitant à Sorens, d’une part, et Joséphine Louise, fille légitime de Pierre Placide Geinoz, de Neirivue, et de Marie Catherine Élisabeth, née Castella, de Neirivue, née à Neirivue le 22 août 1887, d’autre part. Les témoins présents furent Édouard Ayer, de Sorens, et Joséphine Castella, de Neirivue. Signé : Rodolphe Bochud, curé. Visé le 29 mars 1910, par mandat : H. Python. »

Acte de mariage en latin.
Acte de mariage en latin.
Acte de décès en latin.
Acte de décès en latin.

Chapitre II · § 12

Le bornage avant la formation des géomètres et l’avènement du cadastre — recherches aux Archives de l’État de Fribourg (visites des 12 et 19 février, 13 mars, 7 mai, 21 et 26 juin 2002).

Le Petit Conseil de Fribourg a promulgué une sentence autorisant trois citoyens du village, assermentés, à procéder à ces relevés, les écritures étant faites par un notaire accompagnant les « vianceurs ». Les deux registres sont tenus par le notaire Joseph Baudevin et paraphés à la fin de chaque volume. Et dire qu’en l’an 2000, tout le cadastre suisse est informatisé…

Signature du notaire Joseph Baudevin, qui paraphait les registres de déviances.
Signature du notaire Joseph Baudevin, qui paraphait les registres de déviances.
Plan géométrique du territoire d’Estavannens, levé en 1742-1745.
Plan géométrique du territoire d’Estavannens, levé en 1742-1745.

Petit lexique de l’ancien vocabulaire

Terme ancienSignification
un rochatzoncertainement un petit rouquin, du patois « rochè » ; selon la tante Alice, la centenaire du Clos-Rouiller, il s’agirait d’un petit sapin sec
comme devantcomme précédemment
une marècheun marais
le gouverneurle syndic
une boënne, puis une boineune borne
un melleyun pommier sauvage
la hayela haie
un emboënnageun bornage
une pierre fermeun gros caillou servant de borne
une possessionune propriété
la bizela bise

Ancienne orthographe : le Clos Roully = le Clos-Rouiller ; en Champ de l’Oge = en Champ de l’Auge ; La Rey Defaranna = la Rez-Déférannaz.

Explications de Pierre-Philippe Bugnard, historien et professeur émérite à l’Université de Fribourg

  • Un vianceur: en Valais, le viancement, c’est le bornage, et viancer c’est borner. Le vianceur est celui qui pose les bornes d’un terrain — une sorte d’acolyte de l’arpenteur, lui-même ancêtre du géomètre. Les documents du XVIIIe et de la première moitié du XIXe parlent aussi de « limiter » (œuvre de l’arpenteur) et d’« alberger » (attribuer un droit de longue durée sur un terrain, du ressort de l’autorité).
  • « À l’occident des grands jours »: l’occident, c’est l’ouest, alors que bise et vent sont les directions du nord et du sud. On peut penser que l’expression marque la direction du coucher du soleil les jours les plus longs, voisins du solstice d’été (le 21 juin). « À l’orient des grands jours » marquerait l’est à la même époque ; « à l’orient des jours longs » ou « à l’occident des jours courts » ont la même signification.
  • Une chaux : une zone naturellement déboisée (Charmey… du gaulois calm, « terrain désert »), l’inverse d’une joux (Jorat, Jura…), zone naturellement boisée ; une cierne est une zone défrichée (du latin circinare, « circonscrire, faire une clairière dans la forêt ») et une arse une zone défrichée par le feu (du latin ardere, arsi, arsum).

Les relevés des deux registres concernent surtout les propriétés des familles Jaquet, Singy, Sudan, Chevalley, Caille et Magnin. Voici ceux qui concernent la famille Pharisa :

Les relevés concernant la famille PharisaDéviances de 1732, 1733 et 1793 — l’orthographe d’origine est respectée

1732 – Déviances d’Estavannens

« …De là sont passés sur la terre de Pierre Joseph, fils de feu Pierre Farisa, où ils ont planté une boënne nouvelle distante de 149 pieds de celle qui a été trouvée sur la terre du dit François, fils de feu Jacques Caille. Tirant comme devant, sont entrés sur la terre d’Antoine Joseph, fils de feu Antoine Joseph Sudan, dit Chevalley ; ils y ont trouvé la première boënne vieille marquée de la croix, distante de 79 pieds de la nouvelle plantée sur la terre de Pierre Joseph Farisa. Tirant comme devant, ont passé sur le curtil d’Étiennette, née Caille, femme de Pierre Joseph Farisa, et y ont trouvé une boënne vieille, distante de 62 pieds de la première, trouvée au jordil des enfants de feu le juré Caille. Montant toujours contre orient, sont entrés au curtil de l’hoirie de feu Jolliet de Montbovon (ancien sergent d’Estavannens) et y ont trouvé la première boënne vieille faisant le coin à 28 pieds de la première, trouvée dans le curtil de la prénommée Étiennette Farisa, née Caille. »

1733 – Viancement de la possession de Pierre Joseph, fils de Joseph Farisa

Près de la maison au village d’Embas, le 13e jour d’avril 1733 : les sieurs Sudan et Desinsy, prud’hommes, accompagnés de Jean François Sudan, ancien gouverneur d’Estavannens, ont commencé au haut et coin oriental de la possession, où ils ont trouvé la première boënne vieille ; puis, tirant contre bise le long du chemin tendant à la raisse (?), la 2ème boënne vieille à 67 pieds de la seconde à valider ; au coin oriental et boréal, la 4ème boënne vieille à 62 pieds de la 3ème ; puis, contre soleil couchant en descendant, la 5ème à 39 pieds de la 4ème ; la 6ème à 48 pieds de la 5ème ; la 7ème à 33 pieds de la 6ème ; la 8ème à 59 pieds de la 7ème ; la 9ème, en dessus et devers orient du grenier des enfants de feu Louis Jacquet, à 46 pieds de la 8ème. De là, le long et devers bise du dit grenier, en tirant contre couchant, ils sont entrés dans le curtil des enfants de feu Louis Desinsy, où ils ont planté une boënne nouvelle en aval du coin occidental et boréal du grenier, à 28 pieds de la 9ème et dernière trouvée sur la terre de Pierre Joseph Farisa.

1793 – Déviances d’Estavannens

« Depuis celle-là, revirant contre l’orient des grands jours, passant sur la terre de Marie Anne Magnin, femme de Claude François Pharisa, ont trouvé la première vieille boine à 30 pieds de la précédente. De là, passant le long de la dite grange, entrant dans le jardin du dit Pharisaz, ont trouvé la première vieille boine à 89 pieds de la précédente. Depuis celle-là, passant le long des appartenances et maison du dit Pharizaz, ont trouvé à la gouttière et devers vent de dite maison la 2ème vieille boine, distante de 83 pieds de la précédente. De là, passant sur le pré appelé Le Fey appartenant à la châtelaine Geinoz, née Jaquet, de Gruyère, ont commencé proche la parchise en entrant au dit pré, sur lequel ont planté la première nouvelle boine au coin boréal et occidental du mur de dite possession, à 2 pieds et demi d’une épine qui reste entre bise et orient. »

Clos de Jean Nicolas Gaspar, fils de feu Claude François Pharisaz

Depuis le Clos des Esserts, les vianceurs sont montés au Clos appartenant à Nicolas, fils de feu Claude Pharisaz : première vieille boine au pied et devers vent d’un jeune frêne ; puis, contre bise le long du chemin du Grand Clos, la 2ème à 88 pieds (depuis laquelle il ne pourra prendre aucun pied contre le chemin) ; la 3ème à 63 pieds, à 2 pieds d’un frêne qui reste contre l’orient des grands jours ; la 4ème (nouvelle) plantée à 63 pieds, à 8 pieds d’un frêne entre bise et occident ; la 5ème (vieille) à 37 pieds, un peu en descendant entre bise et occident ; la 6ème à 54 pieds, contre occident des longs jours ; la 7ème à 32 pieds ; la 8ème à 68 pieds, reprenant à droite entre bise et occident ; la 9ème et dernière vieille boine à 51 pieds de la précédente. « Je me demande si un géomètre d’aujourd’hui pourrait s’y retrouver sur le terrain… »

Grosses du bailliage de Gruyères

Il s’agit de reconnaissances (actes notariés) dressées pour servir de base à la perception des contributions et redevances féodales — ancêtres du cadastre.

VolumeAnnéeDescriptionContenu pour Estavannens
N° 781432registre d’env. 10 kg et 17 cm d’épaisseurPremière citation du patronyme PHARISA, en latin : reconnaissance de Johannetus Farisa
N° 731451registre d’env. 10 kg et 17 cm d’épaisseurReconnaissances de Mermet Farisa, fils de feu Jehan Farisa (p. 743) ; Jean, fils de Jenet (Jehan) Farisa (p. 747) ; Person Farisa, relicte (veuve) de Jean Farisa
N° 641537registre d’env. 4 kg et 7 cm d’épaisseurReconnaissance d’Antoine Farisa
N° 551576registre d’env. 10 kg et 17 cm d’épaisseurLe 12 mai 1576, reconnaissance de Bernard Farisaz, fils de feu Pierre Farisaz. Très belle calligraphie, mais lecture difficile (le « R » est une sorte de « V », le « S » une sorte de bâton oblique)
N° 1071590fragment de 40 pagesÉcriture très peu lisible ; reconnaissance de Marmet Farisaz, fils de Bernard
N° 431611registre d’env. 10 kg et 17 cm d’épaisseurLe 29 février 1611 : reconnaissances d’Andrey (André) Farisaz, fils de Francoye (p. 577) ; Anthoyne (Antoine) Farisaz, fils de Francoye (p. 588) ; Francoye (François) Farisaz, fils de Francoye (p. 603) ; Marmet Farisaz, fils de Bernard, lui-même fils de Pierre (p. 739) — ce Marmet faisait partie de ce que l’on appelle aujourd’hui « un conseil communal ». Noté : le père de Francoye Farisaz s’appelait Bon Farisaz, et le père de Bon Farisaz s’appelait Anthoine Farisaz
N° 3316452 registres d’env. 10 kg chacunReconnaissance de Jaques, fils de François Farisa (lignée éteinte de l’arbre généalogique n° 1) ; mention des biens « sur lequel est construit le moulin d’Estavannens » ; acte passé le 3 août 1680
N° 2316802 registres d’env. 10 kg chacunIl est question d’honnête Pierre Joseph, ffeu Pierre Pharisat. Possessions : au village davaud, « Au Clos », une sétorée deux tiers et sexte de clos avec maison, granges, loge et jardin ; « Au Petit Clos » ; « En Puit » (le quart devers occident d’une grange) ; « En Chaux » (4 sétorées, quart et trente-sixains de prés)
N° 14a/14b1745env. 10 kg chacunReconnaissances détaillées (voir ci-dessous) ; censes en argent bon lausannois, froment, orge, fèves et cire (quantités illisibles)

Dans le registre de 1576 est notée l’évolution des patronymes :

  • Caille dérive de Callie ou de Cally, et encore de Banoux et de Moraz
  • Jaquet dérive de Sallagnon ou de Sallagnion, et encore de Ramel
  • Raboud dérive de Rabbod, et encore de Villiet
  • Galley dérive de Cheminaulx
  • Castella dérive de Castellaz comme encore de Curtaz
  • Pharisa dérive de Farisaz, de Farisa, comme aussi de Ramel
  • André dérive de Marmet

Comme on peut le constater, certaines branches de familles ont modifié l’orthographe de leur patronyme, d’autres se sont réunies, d’autres enfin se sont divisées en prenant d’autres noms.

Les reconnaissances de 1745 — textes completsRegistre n° 2, pages 623 et 636 et suivantes

Reconnaissance de 1745 (registre n° 2, page 636 et suivantes, texte complet)

Reconnaissance d’honnête Jean, fils de Pierre Joseph Pharisat : « L’an 1745 et le 27ème jour du mois de mars, à l’instance et par-devant moi, dit commissaire soussigné, et en présence des témoins sous-mentionnés, s’est personnellement constitué le dit Jean Pharisat, lequel […] a confessé et reconnu détenir et posséder […] la pièce suivante située rière le territoire d’Estavannens, des biens reconnus dernièrement en faveur de Leurs dites Excellences, à cause de leur château et Comté de Gruyère, ès mains de Monsieur le commissaire Lurthanen, par Antoine, fils de François Caille, le 18ème jour de mars 1681. Au village d’Avau d’Estavannens, un jardin contenant quarante-huitain de poses […] jouxtant le jardin d’Antoine Joseph, fils de feu Joseph Caille, devers vent […]. Sous la cense annuelle et perpétuelle des quart et huitain d’un denier bon lausannois, payable au château de Gruyères au Seigneur baillif du dit lieu, soit à son receveur, sur chaque jour de Saint-Martin en hiver. […] Fait et passé à Bulle, en présence d’honnêtes Jean et Jean François Jaquet, père et fils, d’Estavannens, témoins. Gottrau d’Hennens. Cense — argent lausannois : 0 - 4 - 6 - 0. »

Reconnaissance de Pierre Joseph, fils de feu Pierre Pharisat (registre n° 2, page 623 et suivantes, extraits)

Le 27 mars 1745, honnête Jean, fils du dit Pierre Joseph Pharisaz, agissant au nom et par ordre de son père, a confirmé et reconnu détenir les pièces suivantes : des biens reconnus le 3 août 1680 par Claude Sudan au nom de Pierre, fils de Pierre Pharisaz, son mari : la moitié d’une maison, chesat d’icelle, et un Clos y adjacent avec trois petits morcels de Clos, une pièce de terre d’environ demi-pose et une place ; plus les deux tiers et sexte d’une pose de terre en partie à Clos réduit, une chenevière (champ de chanvre) et jordil ; plus une grange, un curtil (à présent jordil réduit) et certaine place à l’entour, sur laquelle fut dernièrement bâtie une maison. Par nouveau toisage : au village d’Avau, lieu-dit « Au Clos », une seytorée deux tiers et sexte de Clos avec maison, grange, loge et jardin, jouxte le pré du sieur Pierre, fils de feu Jean Jaquet, devers vent, et les charrières publiques des autres trois parts — y compris les maison, grange et aisances appartenant à Étivenaz Castellaz, veuve de Claude Caille, et à Jean Nicolas, fils d’Antoine Jacquet. Sous la cense annuelle et perpétuelle d’un sol et six deniers bons lausannois, des deux tiers d’une émine de froment et des deux tiers, sexte et neuvain d’une émine de fèves belles, graines recevables mesure de Gruyère. Suivent 18 pages spécifiant les diverses autres possessions du reconnaissant, dont « Au Faix », une seytorée, quart et dix-huitain de pré, jouxte le pâquier commun. Fait et passé à Bulle, témoins Jean et Jean François Jacquet, père et fils. Gottrau d’Hennens.

Plans géométriques du territoire d’Estavannens (1742-1745)

Levés « pour la rénovation des Droits de leurs Excellences Nos Souverains Seigneurs et Prince de la Ville et République de Fribourg rière leur Comté de Gruyère », en 1742. Extrait : terre sise « En la Fin » (entre le fond du village et la plaine des Auges), propriété de Nicolas Jacquet (1716), père d’Antide Jacquet, fils de feu Jean Pierre Jacquet de la Fin (1668). Légende des plans : Bize = Nord, Vent = Sud, Orient = Est, Occident = Ouest.

Légende des éléments numérotés du planÉléments 1 à 31
  1. pré
  2. maison
  3. étable
  4. grange
  5. étable
  6. jardin
  7. « Au Bossalet » : pré d’Antoinette Ramel, femme de François Castella
  8. « Es Essert » : pré des enfants de Joseph Jacquet
  9. « Au Grand Clos » : pré d’Étiennette Jacquet, femme de Jean Joseph Dessingy
  10. « Au Clos Riond » : pré de Jean Nicolas, Ursule et Antoine Jacquet
  11. « Au Clos » : propriété de Pierre Joseph, fils de feu Pierre Pharisat
  12. « Au Faix » : pré de sieur Pierre, fils de feu Jean Jacquet
  13. « Au Petit Clos » : pré de Pierre Joseph, fils de feu Pierre Pharisat
  14. « Petit Clos » : pré de Pierre, fils de feu Jean Jacquet
  15. « Es Essert » : pré des enfants de Jean Sudan, dit « au sergent »
  16. « Es Essert » : pré des filles de feu Joseph Caille et d’Antoine Caille, leur neveu
  17. étable - grange - étable
  18. 19-23) « Rontes » (à Pierre fils de feu Jean Jacquet ; à Jean fils de feu François Magnin ; à Jaques fils de Pierre Caille ; deux attributions illisibles)
  19. « Au Mantavaux »
  20. place de l’ancien tilleul
  21. ruisseau du Fossart (Fossard), autrement dit ruisseau du Dah
  22. direction Grandvillard
  23. direction le magasin à Marie-Thérèse Jaquet
  24. direction la plaine des Auges
  25. 30-31) habitations Pharisa (prés, aisances, maisons, jardins, étables, granges, loge)

Autres propriétés de Pierre Joseph Pharisat : 1) « Au Perez de Praz » (région des Tollaz) : un pré ; 2) « En Chermon » (Tsermin) : un pré ; 3) « Au Champ Richard » : un pré, entre le magasin d’alimentation et La Fin ; 4) « En la Gîte du Puit » (Perru) : un pré ; 5) une partie d’une Chaux (entre les « Gros-Merlaz » et la « Ciernaz-au-Bœuf »).

Des photos numériques de quatre parties d’un plan tiré des archives communales (levé en 1745, un même dossier se trouvant aux Archives de l’État de Fribourg) complètent le dossier.

Plan de la terre sise « En la Fin », propriété de Nicolas Jacquet (1716).
Plan de la terre sise « En la Fin », propriété de Nicolas Jacquet (1716).
Plan des habitations et propriétés Pharisa.
Plan des habitations et propriétés Pharisa.
Rose des vents ancienne : bize (nord), vent (sud), orient (est), occident (ouest).
Rose des vents ancienne : bize (nord), vent (sud), orient (est), occident (ouest).

Chapitre II · § 13

Le contrôle des hommes portant armes, du bailliage de Gruyères au régiment de Gruyère (Archives de l’État de Fribourg).

Rôles militaires de 1561 à 1741

Contrôle des hommes de la commune d’Estavannens, par périodes : 1561-1600, 1641-1666, 1685, 1712, 1715-1727, 1734-1741 (fichiers PDF sur le site source). S’y ajoutent la liste des membres de la société de tir « Les Mousquetaires » d’Estavannens (1919 et 1999) et la composition du régiment de Gruyère en 1780.

La bataille de Cérisoles (1544)

Le 14 avril 1544, François Ier, roi de France, nomma le comte Michel de Gruyère colonel du régiment de Gruyère, le jour de la bataille de Cérisoles. Les soldats gruériens, au nombre de 4’000, étaient moins un corps d’élite qu’un assemblage de soldats, de paysans et d’aventuriers accourus de toutes parts pour s’enrôler sous la bannière du comte. Michel, empêché de se mettre à la tête de son armée, en avait remis le commandement à son lieutenant-colonel, le sire de Cugy, gentilhomme du Pays de Vaud. La bataille dura trois jours ; le 14 avril décida la victoire. Tandis que les Suisses firent des prodiges de valeur, les Gruériens démentirent la réputation de courage de leurs ancêtres : indociles à la voix de leurs capitaines, ils compromirent la victoire en fuyant « comme un troupeau de grues » devant les Espagnols et les Allemands du futur empereur Charles Quint. Leur chef perdit la vie en voulant les rallier. Le régiment fut réduit à 1’200 hommes lors de la revue des troupes. Fâché, François Ier ne voulut pas rembourser les frais de guerre au comte (300 grosses armures à 2 écus 3 testons et 100 petites armures à 2 écus la pièce, plus la solde et la nourriture de la troupe) — l’une des causes principales de sa faillite en 1554 (Histoire du Comté de Gruyère, par Isely).

Soldats du Régiment de Gruyère (1782-1792) : grenadier, fusiliers et le lieutenant-colonel de Reynold à cheval, devant la ville de Gruyères.
Soldats du Régiment de Gruyère (1782-1792) : grenadier, fusiliers et le lieutenant-colonel de Reynold à cheval, devant la ville de Gruyères.
Soldat du régiment de Gruyère.
Soldat du régiment de Gruyère.

C’est à la conduite des Gruériens à Cérisoles que Rabelais fait allusion dans « Pantagruel » (L. IV, ch. 9) :

« Iadis on souloit en guerre, au jour de bataille ou assault promettre aux souldars double paye pour celluy jour. Sils guaingnoyent la bataille, lon avoit prou de quoy payer ; sils la perdoyent ceust este honte la demander, comme feirent les fuyars Gruyers apres la bataille de Serizolles. »

« Le Régiment de Gruyère », par Georges Corpataux

Aide-archiviste, lieutenant au bataillon 14 — travail lu à la réunion de la Société d’histoire à Broc, le 7 juillet 1914.

Jadis, au temps des comtes, le Gruyérien devait à son seigneur la chevauchée : chaque homme fournissait ses armes et venait se ranger sous sa bannière. Cette prestation était obligatoire durant huit jours dans les limites du comté et aux frais de chacun ; une amende de 30 sols lausannois frappait tout récalcitrant. Au-delà, le comte supportait les frais. Jusqu’à sa mise à l’encan en 1555, le comté comprenait 5 bannières ou mandements militaires : Château-d’Œx, le Vanel ou Gessenay, Gruyères, Montsalvens et Corbières. Le Gruyérien suivait ses comtes en Terre Sainte, dans le Valais, le Pays de Vaud, en France, en Italie et jusqu’en Souabe.

Après la déchéance du comte Michel et le partage du comté entre Berne, Vaud et Fribourg le 6 novembre 1555, Fribourg érigea sa part en bailliage administré par un bailli résidant au château de Gruyères. C’est depuis cette époque qu’apparaissent les rôles militaires : chaque rôle indique, par commune, les noms des hommes aptes à porter les armes de 16 à 60 ou 70 ans et la spécification de leurs armes — surtout épées, piques, hallebardes et arquebuses ; quelques-uns portent encore la chemise de mailles, la mordache (petit poignard), le pistolet et l’épieu. Le 25 janvier 1561, le bailli Peter Krummenstoll envoie un rôle général comprenant les communes de Gruyères, Enney, Neirivue, Villars-sous-Mont, Montsalvens, la châtellenie de La Tour, Estavannens, Montbovon, Grandvillard et Lessoc : 933 hommes, répartis en 174 hommes armés, 72 arquebusiers, 607 porteurs de piques et 85 hallebardiers. C’est le plus ancien rôle que possèdent les Archives cantonales pour le bailliage.

Un rôle du 7 juillet 1610, dressé par le bailli Peter Reyff, montre une nouvelle formation : les « gens de guerre » ne sont plus groupés par communes mais divisés en quatre catégories d’armes — piquiers (511 hommes), mousquetaires (43), arquebusiers (180), hallebardiers (264), un fifre et un tambournier. Aucun rôle ne mentionne d’officier jusqu’en 1614, où l’on trouve comme capitaines le banneret Antoine Meyer et le chevalier Hans Gottrau. De 1619 à 1684, les formations varient. En 1686, un rôle général répartit les hommes en trois élections, selon l’ordre souverain du 4 décembre 1685 : mousquetaires et hallebardiers dans les deux premières, les vieux, incapables et absents dans la troisième ; chaque détachement était commandé par un sergent.

La première répartition en régiments paraît remonter à la seconde moitié du XVIIe siècle, probablement à la suite de la création du « Defensional de Wil » en 1647, adopté par la diète de Baden le 18 mars 1668. Une première mention du régiment de Gruyère figure dans le rôle de 1684 (compagnie du conseiller Techtermann, « Collonel d’un régiment à Gruvière »). En 1699, le régiment est commandé par le colonel Rodolphe Fivaz, le lieutenant-colonel Tobias d’Alt, le major Peterman Techtermann, l’aide-major Claude-Nicolas Castella de Gruyères et les capitaines Jacob Féguely et Jacques Thumbé. Quatre compagnies de 140 mousquetaires et 50 hallebardiers chacune : la « Compagnie colonelle » (Gruyères, Grandvillard, Broc) ; la seconde (La Tour-de-Trême, Le Pâquier, Enney, Villars-sous-Mont, Neirivue, Lessoc, Albeuve) ; la troisième (Corbières, Hauteville, Villarvolard, La Roche) ; la quatrième (Charmey, Cerniat, Châtel, Crésuz, Bellegarde, Villarbeney, Botterens). Chaque compagnie comptait en outre un lieutenant, un enseigne, quatre sergents, deux tambours et un fifre — 760 hommes au total, plus 993 hommes portant armes non enrégimentés pour la défense de la ville et du château de Gruyères et du passage de Montbovon.

Dès 1712 apparaissent les fusiliers, qui remplacent arquebusiers et mousquetaires ; seuls les hallebardiers forment encore un corps spécial. Cette année-là, le régiment atteint 2’053 hommes, dont 1’314 officiers et fusiliers, 295 hallebardiers, 140 sans armes et 204 absents. Cette formation subsiste jusqu’en 1746, date à laquelle Fribourg édicte un nouveau code militaire : tous les hommes de 16 à 60 ans accomplis sont enrégimentés ; chaque compagnie de 200 hommes comprend un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, un enseigne, huit sergents, quatre tambours, un fifre et quatre trabants (hallebardiers), divisée en six escouades commandées chacune par un caporal et un lanspessade ; les compagnies colonelles ont de plus un aumônier, un chirurgien-major, un tambour-major et un sergent-major ; seize grenadiers par compagnie forment un corps spécial. Le fusil à baïonnette remplace mousquet et hallebarde (les sergents conservent la hallebarde). Chaque soldat payait son armement, son équipement et son habillement ; les communes y pourvoyaient pour leurs ressortissants pauvres. L’instruction était rudimentaire : rassemblements dans les villages plusieurs fois par an, au printemps et en automne, sous le commandement d’un sergent — marche, maniement des armes et tir. Les ordonnances des 10 mai 1761 et 2 mars 1790 complétèrent le code de 1746.

Le premier grand rôle du régiment établi d’après le code de 1746 date de 1763 : deux bataillons de quatre compagnies chacun — le premier formé des compagnies de la « Colonelle », de La Tour-de-Trême, de Grandvillard et de Montbovon ; le second des compagnies de la « Lieutenance Colonelle de Corbières », de Broc, de Charmey et de La Roche. De 1763 à 1780, l’état-major : le colonel Joseph Emmanuel de Maillardoz, du Conseil des Soixante ; le lieutenant-colonel Philippe de Reynold ; le major Jean-Nicolas de Reynold, du suprême Sénat ; l’aide-major Deschenaux. Une grande revue annuelle était passée dans la plaine d’Épagny : le soldat, coiffé du tricorne, portait le gilet et la culotte rouges, l’habit bleu à parements rouges et les guêtres noires ; le grenadier s’en distinguait par le haut bonnet à poil. La grande Révolution, puis l’avènement de Napoléon, mirent fin au beau temps du régiment de Gruyère.

Compléments de Corpataux

  • Le rôle de 1561 s’ouvre sur cette formule : « Visitation faicte pour les personnes et glayves par le commandement de nos magnifiques et puissants seigneurs de la ville de Fribourg, rière le ballivage de gruyère, et les desporvehuz sont estés commandés par bamp de cinquante florins d’estres pourvehuz dans le terme d’ung moys » (les contrevenants étaient amendés de 50 florins lausannois à défaut d’être pourvus d’une arme dans le délai d’un mois).
  • Le défensional, ou plan de défense nationale, fut créé à la suite de la première tentative de Louis XIV de s’emparer de la Franche-Comté bourguignonne en 1668 ; le premier ban de l’armée fédérale se composait de 13’400 hommes de pied avec 16 pièces de campagne et quelques centaines de cavaliers (Dierauer IV, p. 126-129).
  • Jean Nicolas Constantin de Reynold, né le 29 juillet 1735, s’engagea au service de France en 1753 comme enseigne au régiment de Monin, fut promu sous-lieutenant en 1755, puis major du régiment de Gruyère en 1763 (jusqu’en 1780) et colonel du même régiment en 1792.
  • Il n’est pas rare de trouver chez les antiquaires des gibernes du régiment de Gruyère ; il n’y eut cependant jamais de régiment de ce nom au service de France.

Le remerciement final de l’auteur s’adresse à M. Fortuné Bovard, dessinateur de talent, auteur de la planche illustrant ce travail. Références iconographiques : « Uniformes suisses 1700-1850 », par Roland Petitmermet. La planche des « Soldats du Régiment de Gruyère, Fribourg 1782-1792 » montre, de gauche à droite : un grenadier de 1792 ; un fusilier de 1792 ; le lieutenant-colonel Jean Nicolas Constantin de Reynold, propriétaire et commandant du régiment de 1735 à 1800 à valider ; un ancien modèle de giberne (Musée gruérien de Bulle) ; un fusilier de 1792 vu de dos. L’orthographe d’origine des textes est respectée. (Jean Pharisa)

Chapitre II · § 14

Résultats des recherches aux Archives de l’État de Fribourg sur les recensements cantonaux et fédéraux de la population d’Estavannens.

Une famille Jaquet et ses dix enfants, illustration des grandes familles du village.
Une famille Jaquet et ses dix enfants, illustration des grandes familles du village.

Recensement de la population d’Estavannens en 1831

(Photocopies à partir de 16 bobines de microfilms ; seuls les « Pharisa » sont présentés ici.)

NomPrénomAnnée de naissanceÉtat
PharizaJoseph1792domestique
PharizaPierre1795marié
PharizaMarie1793son épouse
PharizaNicolasson fils
PharizaNicolas1791marié
PharizaMarie Magdelaine1790son épouse
PharizaPierre Josephcélibataire
PharizaClaude Joseph1807marié
PharizaFrançoise1805son épouse

Le recensement de 1831 comptait aussi le « nombre d’âmes par maison » pour les 62 maisons du village, pour un total de 214 habitants. Parmi les valeurs lisibles : maison 22 = 13 âmes ; maison 27 = 11 âmes ; de nombreuses maisons sont notées « -- » à valider

Sont également référencés (documents détaillés sur le site source) : extraits du recensement cantonal de 1836, de 1839, détails complets du recensement cantonal du 2 octobre 1842, extraits des recensements fédéraux de 1845, 1850, 1860 et 1870, ainsi que des explications générales sur les recensements cantonaux et fédéraux. Tous les recensements fédéraux (de 1811 à 1880) peuvent être consultés sur le site des Archives cantonales de Fribourg (par arrondissements, par anciens districts, par districts).

Répartition des familles

(Relevée au recensement fédéral de 1845.)

FamilleNombre
Jaquet79
Caille64
Sudan-Chevalley20
Sudan19
Pharisaz16
Magnin15
Dessingy12
Raboud, Pugin, Blanc, Python, Spicher, Pasquier, Vial, Ruffieux, Amey, Villet, Bettone, Chollet, Castella, Emery, Geneinaz, Jenni, Kaeserà valider

Recensement fédéral de la population en 1880 : 237 habitants

QuartiersMaisons habitéesNombre de ménagesPersonnes présentes
Village Damont (d’Enhaut)161769
Village Davos (d’Enbas)3137164
La Fin (une famille Jaquet)à valider
Total4855237

Statistique : nombre de maisons d’habitation

184218802015
Village d’Enhaut1667
Village d’Enbas3262
Totaux4648129

Note de Jean Pharisa sur les dates de naissance

« Pour obtenir une date de naissance précise, il est impératif de s’en référer aux registres des baptêmes ou des naissances. Selon mes premières expériences en la matière et après analyse de trois recensements de la population, j’ai constaté que de nombreuses personnes donnent à chaque fois une date différente (jour, mois et même année). On peut donc en déduire que l’on ne fêtait pas les anniversaires et que beaucoup de gens oubliaient même leur date de naissance. Lorsque j’étais enfant, j’avais été impressionné par le fait que ma grand-mère maternelle, âgée de 80 ans, ignorait son âge… »
Blason du canton de Fribourg, dont les archives conservent les recensements.
Blason du canton de Fribourg, dont les archives conservent les recensements.

Chapitre II · § 15

Les recherches aux Archives de l’État de Fribourg (AEF) ont débuté les 12 et 14 décembre 2001.

De 1850 à 1857, les registres des naissances, des mariages et des décès ont été tenus par des officiers d’état civil. Dès le 12 février 1857, ils ont été à nouveau remis au curé desservant d’Estavannens, l’abbé Henri Jordan, qui les a tenus à jour, en latin. En application de la nouvelle loi fédérale sur l’état civil laïque et conformément aux directives de Mgr Marilley, révérendissime évêque, le curé Henri Jordan les a remis le 5 janvier 1876 à Monsieur Jacques Baudère, instituteur du lieu et premier officier d’état civil officiel d’Estavannens.

Procès-verbaux de l’administration communale de 1817 à 1881 (1889)

Aux Archives de l’État de Fribourg : ce registre renferme le compte-rendu des séances du Conseil communal, rédigés par les secrétaires communaux de l’époque dans une écriture assez bien lisible, signés par le secrétaire et le syndic. Les sessions devaient être très brèves : on parlait de quelques réparations à faire, rarement de gros travaux à réaliser. Il y a aussi des copies de lettres adressées au préfet. Mais l’essentiel des discussions portait sur des questions d’ordre social parmi les communiers, ou parfois parmi les non-communiers. Certains rapports sont particulièrement croustillants (vagabondages, interdictions des auberges, police des mœurs, etc.). La suite des investigations dans ce registre a débuté le 8 août 2005.

Dépouillements disponibles (fichiers PDF sur le site source) :

PériodeVolume
1817-183821 pages
1839-185319 pages
1854-187517 pages
1876-188119 pages

Chapitre II · § 16

La mémoire des défunts du village, du registre des décès de 1647 au columbarium d’aujourd’hui.

Une grande personnalité d’Estavannens : Maurice Jaquet

Maurice Jaquet est entré dans sa 100ème année le 5 décembre 2002. Il a été fêté dignement le samedi 7 décembre à Morlon, où il a reçu le fauteuil de centenaire des mains du président du gouvernement fribourgeois, Pascal Corminboeuf. Maurice fut agriculteur ; il a été conseiller communal durant 42 ans, syndic du village durant 26 ans et député au Grand Conseil pendant 20 ans. Le 4 décembre 2003, il a fêté ses 100 ans révolus. Né le 4 décembre 1903, Maurice est décédé le samedi 13 mars 2004, à l’âge de 100 ans et 3 mois. Bien que présentant quelques lacunes, les registres des décès d’Estavannens de 1647 à 2002 ne font mention d’aucun centenaire jusqu’à ce jour : Maurice peut donc être considéré, « avec 98 % de vérité », comme la première personne d’Estavannens à atteindre cette longévité respectable.

Maurice Jaquet (1903-2004), premier centenaire connu d’Estavannens : 42 ans conseiller communal, 26 ans syndic, 20 ans député.
Maurice Jaquet (1903-2004), premier centenaire connu d’Estavannens : 42 ans conseiller communal, 26 ans syndic, 20 ans député.

Relevés dans les archives de la paroisse : registre des décès de 1647 à 1830 ; registre des décès de 1830 à 1875.

Articles nécrologiques relevés dans le journal « La Gruyère » : familles Pharisa ; familles diverses ; articles nécrologiques 1971-2003 ; avec les portraits des membres défunts.

In Memoriam 1910-2030 : listes par ordre alphabétique, par ordre de longévité et dans l’ordre des dates de décès.

Situation du cimetière et du columbarium d’Estavannens en 2023

Après 25 ans, les familles peuvent récupérer l’urne. Si elles ne le font pas, la commune déposera les cendres dans l’ossuaire d’Enney.

Croix de deuil ornant la page de nécrologie.
Croix de deuil ornant la page de nécrologie.
Le columbarium du cimetière d’Estavannens (situation 2023).
Le columbarium du cimetière d’Estavannens (situation 2023).

Chapitre II · § 17

L’ancien site www.estavannens.ch (Bas-Intyamon) publiait ses propres statistiques de fréquentation :

  • nombre de visites et de pages vues ; titres des pages vues en 2011 ; durée des visites, pages vues par visite et fidélité des visiteurs (seulement jusqu’en 2016) ;
  • synthèse géographique des visiteurs pour 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016 (à partir de 2017, consulter la partie « Google Analytics ») ;
  • nombre de vidéos regardées ;
  • données statistiques via Google Analytics : 2005-2020 (par années), 2017-2021 (par mois), 2022-2024 (par mois) ;
  • titres des pages vues pour chaque année de 2012 à 2025 ;
  • origines des visiteurs via Google Analytics : 2017, 2018, 2020 et 2021.